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Accueil du site > Contrats > Chez les uns ; chez les autres : ryokans de Kyoto versus riads de Marrakech

EMAM

Chez les uns ; chez les autres : ryokans de Kyoto versus riads de Marrakech

Contrat débuté en 2011, achevé en 2013
(coord. : : Anna Madoeuf et Raffaele Cattedra)

Cette recherche se fonde sur une comparaison des mises en scènes, en mots et en pratiques d’auberges et demeures traditionnelles japonaises à Kyoto (ryokans) et marocaines à Marrakech (riads), telles qu’elles sont aujourd’hui proposées et médiatisées comme hébergements touristiques. Par le biais de ce type de lieu, c’est l’idée de l’accès à l’intimité des autres qui est suggérée, depuis une intrusion consentie et tarifée dans la maison. Là, le mode de vie et la culture des autochtones (en leur présence à Kyoto et essentiellement en leur absence à Marrakech) sont donnés à la fois comme observables et accessibles. Les propositions d’accueil s’accompagnent de notices explicatives présentant un abécédaire des décors et rituels, soit une grammaire des usages adéquats des lieux et des comportements symbiotiques. Ces formules, expériences culturelles singulières à référent spatial, permettent de combiner trois niveaux constitutifs d’une situation expérimentale de découverte à connotation holistique : la ville « historique », la demeure « authentique », et les modes d’être aux lieux idoines. Cette trilogie systémique repose sur la cohérence de l’ajustement d’une cité de référence, d’un quartier emblématique et d’un habitat « phénotype ». De fait, certains ryokans et riads sont énoncés comme indissociables de leurs sites privilégiés d’inscription, les cités impériales de Kyoto et de Marrakech, villes touristiques au demeurant comparables par les récits de leurs constructions patrimoniales. Enfin, riads et ryokans suggèrent la possibilité d’une approche intrusive panoptique : voir et savoir sans être vu et visible comme l’est un touriste ; s’introduire au sein du sanctuaire de la maison japonaise, demeurer au cœur de la secrète ville arabo-musulmane. Cependant, Marocains et Japonais ne sont pas considérés de la même manière ; l’analyse de l’imaginaire de ces situations nous informe sur les regards (trans)portés sur l’ailleurs et l’altérité, sur les formes contemporaines modulées de représentation de l’Autre, depuis deux contrées et univers de l’Orient. Respect scrupuleux de codes assorti d’une soumission consentie à des usages opaques (ryokan), ou interprétations actuelles d’un univers générique des Mille et une nuits (riad) : les variations de ces registres déclinent comment penser et/ou faire abstraction de l’Autre, et comment s’imaginer être un autre chez lui-même. Enfin, les mises en scènes et en mots de ces lieux participent de la recherche polymorphe et entêtante des singularités culturelles au temps des mondialisations et peuvent peut-être s’interpréter comme des transpositions des « hétérotopies » énoncées par Michel Foucault.