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Consortium « Mémoires des archéologues et de leurs sites archéologiques » (MASA)

Le consortium pour l’archéologie, porté par la MAE, a été labellisé par la TGIR Huma-Num en 2012. Ce projet a également reçu le soutien du Réseau national des Maisons des Sciences de l’Homme.

MASA réunit actuellement le musée d’archéologie nationale (MAN) et 9 laboratoires répartis dans 5 Maisons des Sciences de l’Homme (MSH) :

Des masses de sources archéologiques (cahiers de terrain, relevés, plans, photographies, bases de données, etc.) sont encore aujourd’hui non traitées, non accessibles et non sauvegardées. MASA a pour objectif de rendre plus accessibles les données de la recherche archéologique indispensables aux chercheurs dans le cadre de leurs projets.

Leurs compétences sont mises en commun autour de quatre axes de travail, afin de mettre à disposition de la communauté des archéologues des corpus, des outils et des guides de bonnes pratiques :

  • Numérisation d’archives scientifiques
  • Redocumentarisation
  • Ontologies
  • Formation

Un blog a été mis en place pour valoriser les différents travaux menés entre les partenaires du Consortium : http://masa.hypotheses.org/

Au sein de la MSH Val-de-Loire, le Laboratoire Archéologie et Territoires de l’UMR CITERES est engagé dans plusieurs axes du Consortium MASA :

Axe 1 - Numérisation d’archives scientifiques

La numérisation des archives des fouilles du LAT (concernant majoritairement la ville de Tours) a débutée dès la fin 2012 grâce au soutien du consortium. 1000 documents grands formats ont pu être numérisés : plans de fouille, coupes et diagrammes stratigraphiques. Cela complète la numérisation des XXXX photographies effectuées auparavant avec le soutien de la Ville de Tours. Il reste encore à numériser 50 000 pages d’archives de fouilles (fiches d’US, de faits et de sépultures).

Axe 2 - Redocumentarisation

La mise en ligne de la base ArSol grâce à un contrat financé par la Région Centre (programme SCREVO) permet à la communauté scientifique d’accéder à la documentation archéologique en lien avec le processus d’interprétation mis en œuvre par les archéologues. Depuis septembre 2014, la version web d’ArSol est consultable en ligne (http://arsol.univ-tours.fr). Elle donne accès à l’ensemble des données informatisées mais également aux fichiers numériques : pour le moment les photographies (mobilier, sépultures, structures) mais à terme seront également disponibles les plans, les coupes stratigraphiques, etc. Ce travail constituait un prérequis pour commencer à travailler sur l’interopérabilité d’ArSol et poursuivre la redocumentarisation des corpus qui constituent le fonds d’ArSol.

Les données mises en ligne ne concernent que les fouilles pour lequel l’ensemble des données et de la documentation a pu être vérifié et consolidé. Ainsi, on trouve les données des fouilles du Château de Tours et celles de l’Abbaye de Marmoutier. Le soutien du consortium MASA a permis de traiter trois nouveaux corpus : la Collégiale St-Mexme de Chinon, le Fort St-Georges de Chinon et les fouilles de l’église paroissiale et du cimetière de Rigny. Ces corpus seront prochainement disponibles en ligne.

La mise en ligne permet de mettre en place des projets de publications scientifiques mobilisant directement les données d’ArSol. Par exemple, un projet, en collaboration avec le Laboratoire d’Informatique de l’Université de Tours, de publication électronique des fouilles de Marmoutier permettra d’argumenter les propositions d’interprétation par les preuves (analyse stratigraphique, mobilier, etc.) qui sont accessibles dans la version web d’ArSol. La publication des fouilles de Rigny au format TEI-XML, mobilisant également les données d’ArSol dans son argumentaire, est actuellement en cours de développement à la MRSH de Caen. Au-delà de la publication des résultats des fouilles du Laboratoire Archéologie et Territoires, l’objectif est de proposer à la communauté des archéologues un modèle de publication électronique connecté directement à la base de données scientifique afin d’apporter au lecteur la preuve de chaque proposition avancée dans l’argumentaire.

Axe 3 - Ontologies

Comment rendre une base de données propriétaire interopérable ? Il existe autant de bases de données en archéologie qu’il existe d’équipes d’archéologues, voire plus ! Les logiciels et les structurations sont extrêmement hétérogènes et uniformiser les outils et la façon de structurer l’information reste un objectif inaccessible qui ne résoudrait pas le problème des bases déjà existantes car, outre les réticences des chercheurs pour homogénéiser un jeu de données, les moyens manqueraient pour venir à bout de l’énorme chantier que représenterait la migration des bases de données d’un système fermé à un autre plus interopérable.

La solution envisagée au sein du Consortium MASA est de permettre d’utiliser un système commun qui puisse venir en surcouche sur les bases de données existantes. L’objectif est de permettre l’interrogation dynamique des bases existantes sans avoir à procéder à des exports. Le Consortium MASA a permis de mettre en place les bases d’une interopérabilité d’ArSol via l’ontologie du CIDOC-CRM (norme ISO 21127:2006) en utilisant les vocabulaires des thésaurus PACTOLS, norme ISO 25964-1 (2011). L’ontologie du CIDOC-CRM permettant de modéliser précisément tout objet ou concept patrimonial, le principe est donc d’établir des ponts entre la structure d’une base de données archéologique existante et cette ontologie. Cette phase de mise en correspondance, appelée « mapping », est primordiale et nécessite d’être effectuée avec soin. Le prérequis est bien sûr que la base puisse être interrogée de l’extérieur (c’est le cas des bases construites avec Access, 4D, mySQL, Oracle ou Filemaker, pour ne citer que les outils les plus utilisés en archéologie). Pour le mapping, la Laboratoire Archéologie et Territoires a bénéficié de l’aide précieuse de Patrick Lebœuf (BNF) et d’Anne-Violaine Szabados (ArScAn, MAE, Nanterre), tous deux spécialistes du CIDOC-CRM. Le rapport réalisé constitue ainsi la base d’un guide de bonne pratique pour la mise en correspondance d’une base de données d’archives de fouilles avec l’ontologie CIDOC-CRM.

Même si d’une base de données à l’autre, le mapping est différent, le fait de rattacher chaque champ de la structure d’une base à une entité ou une propriété de l’ontologie permet de se référer à une structure commune avec un vocabulaire unique, en anglais donc indépendant de la langue d’origine.

L’intérêt est de permettre à un utilisateur d’interroger n’importe quelle base de données quelque soit le logiciel et la structure qui accueillent ces données : l’interrogation se fait via l’ontologie, puis un moteur retranscrit la requête pour la base de données cible en utilisant le fichier de mapping, enfin les résultats sont renvoyés à l’utilisateur en respectant la structure de l’ontologie. Avec ce procédé, il est donc techniquement possible d’interroger plusieurs bases en même temps, même si leur format natif diffère complètement. C’est l’interopérabilité attendue.

Une communication a été présentée sur ce sujet au CAA 2014 (Computer Applications and Quantitative Methods in Archaeology), colloque international tenu à Paris, par Emeline Le Goff et Olivier Marlet, au sein de la session sur les Ontologies organisée par Anne-Violaine Szabados, Katell Briatte, Maria Emilia Masci et Christophe Tufféry. L’étape suivant porte sur le développement des outils qui permettront d’interroger la base ArSol via cette ontologie. Il s’agit de mettre en place un moteur de recherche intégrant l’ontologie du CIDOC-CRM et les thésaurus normalisés (PACTOLS) pour interroger diverses bases archéologiques. Le projet en cours, en collaboration étroite avec Béatrice Bouchou-Markhoff (Laboratoire d’Informatique de l’Université François Rabelais à Tours), est fondé sur ArSol mais il sera étendu ensuite à d’autres bases de données dans d’autres formats pour valider l’ensemble du processus visant à assurer l’interopérabilité des données archéologiques d’une base à une autre.

Références :
- communication CAA 2014 : http://fr.slideshare.net/UMR7324/caa2014-s7-arsolcidoc
- démarche de mise en correspondance ArSol / CIDOC CRM (Blog MASA) : http://masa.hypotheses.org/category/billets/ontologie


Ce partenariat s'inscrit dans l'axe de recherche Thématique transversale 3 - Archéomatique