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Gosset Stéphanie

Le placement des individus comme organisation spatiale des habitacles de transport public urbain. Une modélisation littéraire au service de l’innovation en design

par Muriel - 14 novembre 2013

Thèse débutée en 2013, soutenance prévue le 30 mai 2018

Direction : Serge Thibault

Financement : doctorant

Résumé de la thèse :

Dans un contexte international de forte pression concurrentielle autour de la conception de véhicules de transport public urbain, Alstom Transport, entreprise française de transport ferroviaire, souhaite que le design de ses véhicules puisse être reconnaissable et identifiable. Dans le cadre de cette réflexion, l’une des questions qui a été soulevée porte sur la connaissance des comportements au sein des véhicules de transports publics urbains avec l’émergence éventuelle de nouveaux usages.

Afin d’y apporter une réponse, l’approche systémique a été choisie comme cadre théorique, considérant l’habitacle et ses usager·e·s comme formant système. S’intéresser à l’organisation de celui-ci, envisagée d’un point de vue spatial, impliquait l’étude des comportements spatiaux des individus dans les habitacles de transport public urbain. Des observations préliminaires ont montré que les comportements spatiaux sont de deux natures : une partie d’entre eux ont trait à des activités d’occupation de l’espace avec le corps, les autres ont trait à des activités occupationnelles en situation d’attente. Des observations participantes ont permis d’investiguer les comportements dans douze villes de sept pays : Aubagne, Lausanne, Rabat, Munich, Tallinn, Berlin, Dubaï, Hong Kong, Paris, Le Mans, Nantes et Lyon. La grille d’observation, conçue à cet effet, permet de décrire différents aspects des parties constitutives du système ainsi que leurs relations. Le traitement des données combine les méthodes quantitative et qualitative. Ce traitement permet de répondre à l’hypothèse selon laquelle l’activité de placement est une organisation qui met en jeu la forme d’aménagement de l’habitacle, le et les corps, la durée de présence, des normes sociales et les activités occupationnelles.

Ces observations ont permis de comprendre que la finalité du système habitacle-individu est déterminante dans l’activité de placement des individus dans le véhicule et que celle-ci constitue l’organisation spatiale du système.

L’analyse statistique de la place à l’échelle du véhicule a mis en évidence l’existence de trois axes : l’axe longitudinal qui est un axe social (il est marqué par les classes d’âge) et les axes transversal et vertical qui sont des axes fonctionnels (les personnes sont plutôt installées le long des bords de l’habitacle dans l’axe transversal et l’axe vertical est structuré par la position debout ou assise adoptée par les individus).

La description des axes fonctionnels et l’analyse de points de contacts entre l’individu et le véhicule en fonction de sa posture (assise ou debout) ont permis de comprendre que l’activité de placement est plus précisément une activité d’ancrage du corps, du fait de la singularité de cet espace qui est mobile : le couple « posture debout – posture assise » est structurant du système.

Enfin, le traitement de la question du lien entre la place occupée et l’activité occupationnelle déployée a mis en évidence qu’il existe un lien entre les deux. Ce lien est structuré par l’orientation du regard et la libération ou non des mains en fonction de la forme d’ancrage.

D’un point de vue systémique on peut donc considérer que les activités de placement et occupationnelles émergent de la rencontre entre les deux parties du système et qu’elles en sont l’organisation.

Cette recherche a pu mettre en évidence que les comportements spatiaux des usagers et usagères des transports publics urbains déploient dans les habitacles sont fortement liés aux singularités de cet espace : l’espace est mobile ; c’est un espace d’attente organisé en fonction des postures debout et assise. De ce fait, les types d’occupation déployés par les individus dans les habitacles de transports publics urbains sont liés aux possibilités d’ancrage corporel offertes par ces espaces (places assises, possibilité de s’adosser en position debout) et par l’orientation des individus par rapport au sens de circulation du véhicule. Ces connaissances nouvellement acquises peuvent être intégrées par les designers dans le processus de conception d’habitacles de transports publics urbains. Elles peuvent ouvrir à l’innovation. Par ailleurs, une activité potentiellement émergente a pu être observée. Celle-ci interroge une évolution possible de l’organisation de placement, et ouvre de nouvelles perspectives de recherche concernant l’organisation spatiale des occupations.