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Accueil du site > L’équipe IPAPE > Programme scientifique > Axe 4 – le Développement Territorial Durable

IPAPE

Axe 4 – le Développement Territorial Durable

Cet axe de recherche, centré sur la question du développement territorial durable, comprend l’approfondissement d’une réflexion théorique et conceptuelle déjà engagé dans l’équipe ainsi que l’analyse de politiques publiques, de stratégies et d’opérations d’aménagement à différentes échelles.

Sur le plan théorique et épistémologique, il s’agit avant tout de résoudre les problèmes posés par l’articulation de deux approches du développement et de l’aménagement, originellement distinctes, et à certains égards contradictoires. En effet, le développement territorial, fondé sur les théories du développement endogène se pense nécessairement à l’échelle du local, et relève d’une approche micro ou méso-territoriale, tandis que par définition le Développement Durable est supposé procéder d’une vision holistique et totalisante relevant d’une échelle planétaire. La question posée est donc de clarifier les voies d’une « hybridation conceptuelle » permettant d’intégrer les deux approches en dépassant leurs limites respectives, à savoir pour ce qui concerne le développement territorial une insuffisante prise en compte de la dimension environnementale du développement, ainsi qu’une fréquente sous-évaluation de sa dimension sociale, tandis que le développement durable rencontre à la fois des limites d’opérationnalisation et se heurte à la diversité de ses interprétations au moment de sa mise en application. Cependant, la démarche d’hybridation, que l’on pourrait définir comme territorialisation du Développement Durable, reste inachevée.

Le développement territorial durable, en dépit du fait qu’il soit toujours un paradigme en construction, est devenu aujourd’hui un référentiel de l’action publique – et même de nombreuses opérations privées - en matière d’aménagement et de développement. Ceci explique que le projet de recherche de l’axe soit basé sur la conviction que les avancées en termes de précision conceptuelle passent nécessairement par des applications de terrain.

Par ailleurs, la mise en œuvre du Développement Territorial Durable appelle de nouvelles formes de gouvernance. Ceci implique que les travaux engagés dans l’axe portent une forte attention aux questions de gouvernance dans la mise en œuvre des projets d’aménagement territorial répondant à une perspective de durabilité. Par ailleurs, un axe de recherche dédié à la mise en œuvre effective des politiques et des projets d’aménagement relevant du développement territorial durable se justifie d’autant plus que tout indique (y compris les travaux de recherche en cours) qu’il ne peut y avoir ni unicité des stratégies locales de DTD, ni sur un plan normatif universalité d’un modèle d’action « durable ». Ceci renforce l’intérêt d’approches comparatistes que l’équipe IPAPE cherche à promouvoir en retenant des terrains d’étude diversifiés, tant par leur contexte géographique, que par leur dimension ou leurs structures socio-économiques. Dans de nombreux pays, les acteurs publics décentralisés déclinent certains principes de durabilité pour les actes d’aménagement. Cependant, l’injonction qui leur est adressée par les gouvernements conduit à interroger la capacité des institutions locales en charge des territoires à territorialiser le développement durable.

Les travaux concerneront aussi bien la mise en œuvre du DTD dans les milieux fortement urbanisés que dans ceux à faible densité. Les travaux auront donc pour terrain d’application privilégié les villes et régions urbaines mais également les espaces à faible densité.

* Les villes et régions urbaines, leurs dynamiques et projets : le développement durable peut être invoqué ou initié à différentes échelles spatiales (bâtiment, opération, ville petite ou moyenne, agglomération, etc.) ; pour les chercheurs, aucune ne va de soi. L’axe DTD abordera les relations d’équipements ou de fonctions au territoire. Il s’attachera aussi à une échelle émergente, la région urbaine (city-region). Il s’agira d’analyser la région urbaine comme objet de réflexion et d’anticipation sur la localisation des activités et sur les déplacements, dans une perspective de développement durable. Ancrée à l’origine dans une rhétorique économique, la région urbaine peut-elle être enrichie pour contribuer à la localisation du développement durable ? Comment se construisent des régions urbaines qui, en affirmant des options environnementales ou sociales affirmées, entrent en collision avec les discours économicistes ? Il s’agira de privilégier des moments de construction de « projets de territoires » et plus précisément de projets spatialisés de territoires. Ce sous-thème, caractérisé par une forte dimension comparative européenne, vise aussi à identifier les enjeux de celle-ci en termes de nouvelles gouvernances et de durabilité (la gouvernance étant elle-même comprise comme une dimension de la durabilité).

* Les espaces à faible densité des zones rurales et des zones côtières : en faisant appel à l’analyse internationale comparée, le questionnement principal portera sur les potentialités et handicaps du DTD dans ces milieux.

L’analyse critique du DTD dans les milieux mentionnés ci-dessus portera sur l’examen des actions publiques ou privées se prévalant de durabilité, mais aussi, et en lien avec l’axe dédié aux projets d’aménagement-urbanisme, sur la prise en compte du DD par les documents de planification territoriale stratégique. Dans cette perspective, la recherche visera à évaluer la façon dont est pris en compte le Développement Durable dans différents types de documents stratégiques, tels que SCOT, SRADT, Agendas 21… De façon complémentaire, on s’interrogera sur l’intégration des politiques et actions d’adaptation et d’atténuation au changement climatique dans les stratégies d’aménagement et de développement territorial. L’analyse des Plans Climat Territoriaux initiés en France en application de la Loi Grenelle 2 pourra servir d’objet d’étude, et être confrontée à l’observation d’expériences étrangères.