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Productions artistiques, villes et territoires

par Muriel - 18 août 2014

Dans les années 2000, les interventions d’artistes et de collectifs artistiques dans l’espace public mais également dans les projets urbains et les projets d’aménagement se sont très nettement affirmée. Ce constat s’inscrit dans une évolution du rôle de l’artiste dans la production des villes et des territoires.

Porteur : Nathalie Brevet

Depuis l’après-guerre, la fonction accordée à l’art dans l’espace public a évolué : si elle était essentiellement assimilée à une fonction décorative dans les années 60-70, les années 90 lui confèrent davantage une fonction urbaine et les années 2000 une fonction sociale. C’est aussi durant cette derrière période que l’on note de plus en plus fréquemment la présence d’artistes dans les projets urbains. Loin d’être exclusifs, ces trois temps marquent une complexification « des mondes de l’art » (Becker, 1988), une complexification des mondes qui pourrait aussi s’étendre à ceux animant la sphère de l’aménagement et des territoires.

Dès les années 70, certaines politiques d’aménagement, comme les villes nouvelles, ont attribué à l’artiste une part active à « la fabrique de la ville » : « ni architecte, ni paysagiste, ni urbaniste », il est « le partenaire inattendu » qui se situe « à la jonction des genres » (Faux, Smadja, 1989, p. 111). L’art et l’artiste devaient participer à la construction de quartiers nouveaux. Ils devaient marquer les lieux, construire des repères et créer de l’identité (Faux, 1976). La position adoptée par les villes nouvelles marque une évolution du rôle de l’artiste dans la création d’espace public et montre comment ces commandes questionnent ses capacités à répondre à une problématique urbaine. Cette place est encore d’actualité aujourd’hui mais les formes et les contours de cette intervention semblent se redessiner.

Désormais, cet acteur prend part aux différents dispositifs produisant villes et territoires. Nous le retrouvons au sein de nouveaux types de projets, comme les ZAC ou les projets d’aménagement menés par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Plus qu’une œuvre, on lui commande une démarche et des actions d’accompagnement artistiques et culturelles mettant en jeu la participation. Ne serait-on pas tenté de voir ces expériences comme « des recettes » dont le contrepoint serait de façonner un cadre étriqué dans lequel l’imaginaire artistique aurait de la peine à se déployer ?

Quelque soit la réponse, les expériences en cours méritent d’être observées plus finement afin d’appréhender au mieux les ressorts de « la fabrique de la ville » et les relations pouvant s’établir - ou non - entre artistes et aménageurs mais aussi entre artistes, aménageurs et habitants. Quelles places et quels rôles endossent l’artiste dans la production des villes et des territoires ? Quelles relations peut-on établir entre pratiques d’aménagement et pratiques artistiques ? Quelles positions les pratiques habitantes ont-elles dans ce couple ? Trois questions qui dessinent les bases de cet axe.

Chantier 1 : économie des arts, politiques urbaines, territoires et innovations

Le premier est illustré par le courant de pensée animé par la notion de « ville créative » positionnant le champ culturel et artistique dans le champ de l’action publique. En quoi l’intégration de projets artistiques s’accompagne-t-elle d’innovation ? La taille des agglomérations et des villes ne représente-t-elle pas là un cadre déterminant (versus normalisation) ?

Chantier 2 : Productions artistiques et ingénierie territoriale

Le second est défini par le champ de l’ingénierie territoriale examinant l’artiste comme un acteur du projet et la production artistique comme une dynamique de projet. Cette entrée questionne la rencontre de deux univers - celui des arts et de l’aménagement - réfléchissant sur un objet commun - la production des villes et des territoires - et adoptant des approches, des démarches et des outils multiples. Cette rencontre interroge également le renouvellement possible d’un dialogue entretenu entre espace et imaginaire.

Chantier 3 : Productions artistiques et productions d’espace public

Le troisième inscrit la pratique artistique en relation avec l’espace public ; elle se déploie dans le champ du politique et de l’action collective. Elle interroge les projets de démocratie participative et les actions de concertation intégrant une démarche artistique.

Ces entrées regroupent différents objets de recherche communs aux différentes équipes de CITERES (action publique locale, politique urbaine, espace public, démocratie participative, concertation, projet urbain, espace public). Elles intègrent également des réflexions en termes de méthodes pouvant, de près ou de loin, apprendre à lire et à comprendre l’espace et les territoires.

Cet axe accordera également une place aux structures participant pleinement au développement des liens entre la question des arts et des territoires. Le pôle des arts urbains (pOlau), structure de recherche et d’expérimentation sur les arts et la ville basée à Saint-Pierre-des-Corps, sera sollicité et intégré aux réflexions menées dans le cadre de cet axe.

Programme de travail à moyen et long terme

• Organisation de journées d’études et/ou de séminaires

• Participation à des appels à projets

• Organisation d’un colloque