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Guidet Peggy

Les évaluateurs, de nouveaux professionnels de l’action publique

par Muriel - 20 novembre 2014

Thèse débutée en 2014

Direction : Sous la direction de Marie-Pierre Lefeuvre, en co-direction avec Hélène Bertheleu

Financement : doctorant

L’évaluation envahit tous les secteurs de la société. En effet, en même temps que la logique du « rendre-compte » se met en place dans les politiques publiques dans les années quatre-vingt-dix, avec l’idée de justifier l’utilité des programmes d’action, la démarche de l’évaluation entre en scène, drainant autant de craintes que d’espoir.Présentée comme une aide à la décision pour le législateur, la définition de l’évaluation est d’emblée polysémique : elle s’inscrit à la fois comme une obligation de rendre compte de l’action de l’administration aux autorités politiques comme aux citoyens, et comme un outil de partage d’informations et de connaissances, tout en s’imposant comme instrument de rationalisation et de réduction des dépenses publiques. De cette émergence naissent alors différents cabinets d’étude, de conseils qui se positionnent dans l’espace public comme des experts de l’évaluation, constituant un marché concurentiel. Nous percevons alors ici quelques uns des enjeux que recouvrent l’instauration d’une telle démarche : l’évaluation est-elle au service de la qualité, elle-même au service de l’ usager, du citoyen ou au contraire l’évaluation n’est-elle qu’un nouveau marché, un processus économique, une zone d’attrait commercial dont s’emparent de nouveaux professionnels ? Pour répondre à ces différentes interrogations, il faut investiguer les pratiques de l’évaluation, et leurs auteurs par une question de recherche qui se poserait en ces termes :

Qui sont les évaluateurs et quel est le sens de leur démarche, comment l’investissent-ils ? Participent-ils à mettre en œuvre une démarche évaluative qui serait un outil de pouvoir ou au contraire un outil de partage du pouvoir ?

Les évaluateurs sont amenés à fournir des connaissances et un jugement sur un dispositif, un programme d’actions ou une politique menée. Comment construisent-ils ce jugement ? Quels sont les critères de réussite d’un programme, d’une situation sociale ou d’une action et comment se forgent-ils ?

L’évaluation est présentée par ces experts comme un processus qui applique des procédures scientifiques pour établir des liens de causalité sur la manière dont des politiques ou des programmes produisent des impacts et des effets particuliers.Quelles sont exactement les méthodes utilisées, revêtent elles toujours un caractère de scientificité ? les évaluateurs occupent-ils toujours une position indépendante de celle du commanditaire ? Enfin, nous pouvons nous questionner sur les résultats produits par l’évaluation, comment sont-ils publicisés, sont-ils mis en débat ? Pour tenter d’apporter un éclairage sur ces différentes réflexions nous proposons d’investir des terrains d’étude qui se situent à la fois dans le champ du secteur social et dans celui de l’action urbaine. Nous envisageons une méthodologie de type qualitative, faites d’observations et d’entretiens.