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EMAM

Mohsen Gregory

« Mutation et gouvernance territoriale au Liban Cas de la localité de Jiyeh »

par Muriel - 23 mars 2015

Thèse débutée en 2015, soutenue vendredi 17 décembre 2021

Direction : Anna Madoeuf, co-direction Jean-Louis Yengué

Financement : doctorant

La guerre communautaire détruit, comme toutes les guerres, les sociétés, les paysages sociaux et engendre des déplacements forcés aboutissant à la mutation du tissu social et spatial. Elle crée à travers ces mouvements d’exode des spéculations foncières qui varient en fonction du territoire.Cette recherche doctorale permet d’appréhender les conditions gouvernant l’évolution des villes du Moyen-Orient en analysant les échanges fonciers et leurs effets sur le développement des territoires et de leurs paysages à partir des enjeux sociaux, économiques, confessionnels et politiques qui les sous-tendent. En effet, nous formulons l’hypothèse qu’il existe un lien étroit entre la production des paysages et la gouvernance des territoires. Pour étudier cette question, nous portons notre attention sur la localité de Jiyeh, une ville du littoral libanais située au Sud de Beyrouth. Jiyeh a clôturé un cycle de 15 ans de guerre dont les séquelles se font ressentir jusqu’à présent, passant de l’état d’un village en période de paix à un village en période de guerre, à une petite ville en période d’après-guerre. Le cas de Jiyeh résume celui de plusieurs localités et villes libanaises : une localité où le pluralisme communautaire a perdu son équilibre social et culturel d’antan dû aux mauvaises politiques de gouvernance et à une mauvaise gestion de l’évolution urbaine et territoriale de l’espace. Ces mauvaises gestions du territoire ont engendré un déséquilibre social et urbain. Son slogan « madinat al aych al muchtarak » nous rappelle celui du Liban « watan al aych al muchtarak » voulant dire « patrie de la vie en communauté ». Or, aujourd’hui, Jiyeh est plus proche de l’idée d’« al taâyuch » désignant une forme de coexistence des communautés que d’« al aych almuchtarak » voulant dire la vie en communauté. Les divers acteurs, appartenant aux quatre confessions principales du pays (musulmanes chiites, musulmanes sunnites, chrétiennes maronites et druzes) se disputent l’espace régional littoral. La dynamique territoriale actuelle se caractérise par une mutation de sa composition socio-confessionnelle ainsi que de sa forme territoriale. La ville agricole chrétienne de départ s’est transformée en ville-dortoir peuplée par deux communautés musulmanes en conflit. Au niveau du paysage, cette situation se traduit par l’érection de mosquées agglomérant autour d’elles un habitat occupé par les croyants relevant du courant théologique représenté par chaque édifice. Quant à sa dynamique territoriale, elle semble évoluer sous forme de satellites ou d’archipels rattachés à l’ancien noyau. Il convient également de noter que dans ce climat de prégnance religieuse, les plages du littoral semblent bénéficier d’un statut d’« extra-territorialité. » En effet, les comportements des usagers de ces lieux vont à l’encontre de tous les tabous religieux et sont tolérés semble-t-il pour des raisons économiques.