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Randrianasolo Iharivola

Analyse et conceptualisation des parcours de précarisation des familles en situation de migration territoriale

par Muriel - 3 novembre 2016

Thèse débutée en 2016

Direction : Alain Thalineau

Définition du sujet :

La participation effective et institutionnalisée des femmes dans les processus d’amélioration de leurs conditions sociale d’existence est un des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) . Pour les pays en voie de développement comme Madagascar, ces objectifs consistent à faire face à la décroissance des ressources disponibles, à l’insécurité alimentaire et aussi à la restrictions des moyens locaux disponibles pour assurer une sécurité sociale). Une des stratégies, utilisée pour « s’en sortir » consiste à quitter le milieu de vie d’origine pour se mettre en quête de capitaux physiques et symboliques. Plusieurs recherches, qui s’intéressent à l’autonomisation des femmes ont été menées afin de comprendre, comment, dans diverses situations, se traduisent les logiques et les actions des femmes en quête de sécurité sociale. Ces études ont pour la plupart conclu, qu’il existe, à l’égard des femmes des discriminations qui s’installent de manière durable, notamment dans les pays pauvres. Entendu par discrimination, l’écart par rapport aux tentatives d’amélioration de la vie des femmes et leur participation effective dans le processus de développement social. Ces discriminations se sont institutionnalisées (Rabenoro, 2012) ce qui a, en partie, inhibé la capacité d’actions des femmes dans leur quête de vie meilleur.

Entre les années 1960 et 1980, en Europe, le contexte de la migration féminine s’inscrit essentiellement dans le cadre du regroupement familial (Tarius, 2004). L’apparition d’une migration féminine a porté un regard de sociologues sur cette entité dynamique jusque-là méconnu. D’une part, leur investissement dans les activités domestiques se retranscrit dans leurs activités professionnelles. Les métiers qui ressortent de cet investissement domestique placent ces femmes dans un statut dévalorisé : faible reconnaissance et faible valorisation de ces métiers (Morokvasic et Catarino, 2005). Ce qui conduit à penser que la migration, qui est une forme de mobilité spatiale, engendre une mobilité sociale par le changement de statut et de position qui en découlent. Paradoxalement, l’investissement dans les activités domestiques participe à l’installation spatiale des femmes migrantes, mais les placent dans un statut social dévalorisé. Une fois arrivée dans le territoire de destination, les femmes font recours à diverses formes d’aides pour s’installer et tenter de revaloriser leur statut social. Parmi ces aides figurent l’accompagnement professionnel de travailleurs sociaux dans le milieu d’accueil ; accompagnement qui se traduit par l’octroi de soutiens dans les démarches administratives et dans la recherche de ressources pour le foyer.

Ces mêmes facteurs feront parties de questions clés à traiter durant cette étude auprès de ces femmes migrantes. Dans ce projet de recherche, il sera question de porter le regard sur ce groupe de femmes migrantes optant pour une stratégie de mobilité. L’objectif étant de rendre compte des agir personnels des femmes pour « s’en sortir ». Actions qui se traduisent souvent par des initiatives et des savoir-faire propres. Comment, dans les pratiques quotidiennes d’une existence précaire se traduisent les marges de manœuvre des femmes pour faire face et agir dans ce contexte de discrimination pour améliorer leurs propres conditions économiques et sociales ?

Afin d’expliquer ce processus d’action, l’impact du parcours de précarisation des femmes est ici à prendre en compte. Dans le cadre d’une étude menée en Master concernant le processus d’inscription sociale et spatiale des femmes africaines venues en France pour trouver une vie meilleure, il est apparu, d’une part, que les motifs de mobilités orientent leurs stratégies pour trouver un ancrage et, d’autre part, que les institutions sociales constituent une ressource plus ou moins importante selon l’emprise de l’assignation des femmes à devoir prendre en charge les activités domestiques et d’éducation des enfants. Afin de faire varier ces deux registres affectant le devenir des femmes ayant effectué une mobilité pour sortir de la précarité, il s’agit désormais de croiser un regard sur deux groupes de femmes ayant réalisé une mobilité dans des contextes migratoires très opposés pour trouver une sécurité sociale (Castel, 2003). D’un côté, un contexte de migration locale (de la campagne vers la ville) dans un pays en développement dont les institutions sociales ont une offre d’aide relativement restreinte et un accompagnement minimum. D’un autre côté, un contexte de migration internationale : des femmes venues de Madagascar pour s’installer en France dont les institutions sociales ont une offre d’aides diversifiées et un accompagnement de proximité plus développé. Dans l’une et l’autre des deux groupes de femmes, il s’agit de rendre compte de l’imprégnation progressive des agir pour s’en sortir en tenant compte de la place de l’accompagnement social dans le processus d’amélioration du bien-être des femmes.

Questionnement :

La socialisation de ces femmes migrantes ne s’effectuant pas seulement au sein de leur milieu social, elle est aussi réalisée par celle des institutions sociales qui les accompagnent dans leur quête de survie (Garcia, 2011). Cette socialisation au sein du milieu de vie est donc travaillée par celle réalisée par les institutions sociales. Ce double espace de socialisation (milieu familial et institutions sociales) me mène à envisager un regard sur les familles migrantes bénéficiaires des actions sociales d’un côté et les institutions sociales qui les accompagnent d’un autre côté afin de comprendre, comment les différentes formes de socialisation (aux activités familiales, scolaires, professionnelles) se réalisent au sein des familles populaires confrontées à la migration (rural/urbain ; pays d’origine/pays d’accueil).

Hypothèse :

Ce projet de thèse de doctorat a pour finalité d’étudier les facteurs qui favorisent l’adoption de stratégies personnelles des femmes migrantes pauvres, confrontées à une situation de crise sociale et à une précarité des conditions d’existence. Cette précarité est, en premier lieu, mise en relation avec leur choix du déplacement territorial comme moyen d’agir pour y faire face. Il existe une relation entre les formes d’aides perçues par les femmes migrantes et leur mode d’agir pour s’en sortir. C’est pourquoi, pour tenter d’élucider cette hypothèse, j’ai décidé de mener deux terrains de recherche qui présentent deux formes opposées de migration territoriale. L’intérêt étant de traduire les invariants structurels des modes d’agir en situation de migration, mais aussi, de rendre compte des différenciations autour des capacités d’actions des femmes.