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Diakité Sallé

Le développement agricole et économique en Mauritanie : étude de cas des femmes dans 3 localités de la région de Trarza impliquées dans le developpement local à travers l’agriculture coopérative

par Muriel - 11 janvier

Thèse débutée en 2016

Direction : José Serrano

Le projet de thèse s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et du développement local, territorial et social par les biais des coopératives agricoles féminines dans trois communes de la région de Trarza (Mauritanie). Il propose d’étudier d’une part, le potentiel et l’impact des coopératives agricoles féminines sur la lutte contre la pauvreté et d’autre part, le problème de la concurrence entre deux modèles d’agriculture : une agriculture de rapport faite pour des investisseurs et tournée vers l’exploitation et une agriculture vivrière. Ces éléments constituent dans un premier temps un terrain de recherche pluridisciplinaire de grand intérêt du fait de leurs caractéristiques et de l’importance de leurs impacts sur le bien-être d’une population donnée et dans un second, une absence d’études approfondie à dimension géographique sur l’implication des femmes dans le développement local, territorial et social. Des recherches dans ces domaines se sont souvent limitées à des analyses globales et macroéconomiques.

Vers les années 1970, des petits périmètres irrigués ont été aménagés le long du fleuve Sénégal pour le développement des activités agricoles et lutter contre la pauvreté. Considérée comme incitative à l’investissement, l’agriculture tournée vers l’exportation est vecteur d’une croissance forte pour sortir le pays de la pauvreté. C’est dans cette optique que l’État mauritanien envisage d’aménager des nouveaux périmètres irrigués pour les mettre ensuite à la disposition des investisseurs étrangers et autres hommes d’affaires Mauritaniens au détriment des autochtones. Cette politique, me semble être un moyen d’expropriation des terres que les autochtones cultivaient de génération en génération. Cela traduit purement et simplement une volonté politique d’élimination de l’exploitation agricole familiale, au profit d’exploitations agricoles tournées vers l’exportation.

En plus des problèmes liés à l’exode rural et aux activités humaines, s’ajoute cette nouvelle politique agricole de cession des terres agricoles aux investisseurs. Ces éléments constituent des facteurs de vulnérabilité et affectent directement les interactions entre les populations et le milieu, pouvant entraîner une crise foncière et sociale. La Mauritanie, fait partie des pays les plus pauvres du monde, et cette pauvreté se concentre en général en milieu rural et elle est particulièrement féminine. Pour y répondre, depuis quelques années on assiste à une formation des coopératives agricoles, pilotées par les femmes généralement analphabètes. Elles cultivent, entretiennent les jardins et champs et récoltent les produits agricoles. Elles ne sen contentent pas seulement de les cultiver et de récolter, elles gèrent aussi la production. L’agriculture constitue un secteur clé pour les populations rurales non seulement du point de vue subsidiaire mais aussi du point de vue social. Ces groupes de femmes réunis en coopératives agricoles, essaient de réunir les conditions nécessaires pour rentabiliser la culture en s’équipant, ce qui est une phase importante de la « modernisation agricole » vivrière. Ainsi, ces femmes deviennent des acteurs majeurs du développement local. Notre projet de thèse visera à analyser et comprendre les enjeux liés à l’implication des femmes sous le prisme de l’agriculture coopérative. Il s’agira davantage de rechercher des motivations, des contraintes ou freins qui articulent leurs organisation et leur implications... comment s’organisent-elles ? Qu’apportent leurs implications au titre individuel et communautaire dans la lutte contre la pauvreté ? En quoi leurs initiatives contribuent-elles au développement individuel et communautaire « territorial » ? Peut-on en repérer des indicateurs ? Qu’appelle t-on développement local et territorial ? Bref, en quoi cette agriculture peut-elle être un facteur du développement local et territorial ? Qu’en disent ces acteurs (femmes et institutions politiques), comment se représentent-ils leurs implications ? En terme de géographie, qu’est-ce que cette étude permettrait-elle de démontrer ?