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ModAThom : Modèle explicatif de la fabrique urbaine d’Angkor Thom : archéologie d’une capitale disparue.

ANR (2017) Création, cultures et patrimoines

Contrat débuté en 2017, achevé en 2021
Responsables : Philippe Husi (IR CNRS, HDR, Porteur du projet) ; Jacques Gaucher (Chercheur, EFEO)

 


 

Contexte et objectifs scientifiques

Le projet ModAThom est né d’une collaboration initiée depuis 2009 entre le Laboratoire Archéologie Territoires (CITERES) (P. Husi) et la Mission archéologique française à Angkor Thom-(MAFA) de l’Ecole Française d’Extrême Orient dirigée par J. Gaucher avec comme objectif d’initier l’étude de la céramique d’Angkor Thom issue des nombreuses fouilles réalisées par la MAFA depuis 15 ans.

ModAThom est un projet d’archéologie urbaine qui intéresse Angkor Thom, la « Grande Ville » (Cambodge), capitale du royaume Khmer entre le IXe et le XVIe s. Centre exemplaire, produit des conceptions brahmaniques et bouddhiques de la culture indienne et des modalités locales de leur appropriation par la culture cambodgienne, cette capitale constitue par sa géométrie, sa condition symbolique, son étendue, et son hydraulique urbaine l’un des sites urbains les plus emblématiques de l’histoire mondiale de l’urbanisme.

La capitale angkorienne offre la particularité de pouvoir être appréhendée dans sa totalité physique et matérielle. Isolé de son environnement par un dispositif d’enceinte monumentale, le site, d’une superficie de 900 ha, est clairement délimité. Abandonné depuis quatre cents ans, il est recouvert d’une forêt tropicale. Protégé par cette dernière, il s’est révélé être au regard des recherches récentes menées par Jacques Gaucher, le véritable conservatoire d’une cité, de ses formes et de leurs occupations. Cette capitale s’inscrit dans un âge d’or des villes asiatiques (IXe-XVe s.) dont l’histoire, jusqu’à présent le plus souvent réduite à celle de leurs monuments visibles, est restée à l’écart d’une recherche urbaine largement occupée par les modèles occidentaux.

La problématique centrale de ModAThom consiste à proposer la construction d’un Modèle explicatif de la formation du site urbain d’Angkor Thom, des conditions de sa naissance à celles de son abandon. Autrement dit, montrer par l’archéologie une autre image de la fabrique de la capitale angkorienne que celle de sa représentation actuelle, réduite à des temples et à leur enceinte, qui méconnait totalement la réalité d’un véritable espace urbain. En cela, ce projet vise à comprendre, interpréter et modéliser sous la forme de dynamiques spatio-temporelles et autant qu’il sera possible, socio-économiques, les processus de formations et de transformations urbaines qui furent à l’œuvre à Angkor Thom dans la longue durée. Ce modèle de développement urbain sera appréhendé à partir de la matérialité accumulée dans le sol urbain, à sa surface, sous la forme de données immobilières (architectures, ilots urbains, rues, canaux, bassins, etc.) et mobilières (céramique, métal, os, etc.). Il aboutira à la remise en cause d’une chronologie existante essentiellement fondée sur les changements architecturaux et stylistiques des temples et sur la généalogie des dynasties des rois khmers. A partir d’un corpus raisonné de sources mobilières, il permettra de mieux percevoir le quotidien des habitants ainsi que l’ouverture économique et culturelle de la ville sur le monde extérieur. Confronté in fine aux autres sources existantes (histoire monumentale, épigraphie), il contribuera à développer à Angkor un modèle d’histoire urbaine centré sur la relation entre formes construites et espaces aménagés, d’une part, et sociétés, d’autre part.

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Vue satellite
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Plan

Verrous scientifiques

Le premier verrou réside dans la constitution et le traitement des sources matérielles, plus particulièrement mobilières, acquises depuis quinze ans d’activités archéologiques sur le site. Il s’agit, dans la masse de sources à notre disposition, de sélectionner un échantillon représentatif des respirations de la ville. Ce choix impose de privilégier les sites et les contextes archéologiques chronologiquement les plus fiables et spatialement les mieux répartis dans la ville ainsi que les mobiliers les plus pertinents (céramique, statuaire, terres cuites architecturales, métal, bois, os, minéraux et minoritairement objets de la vie quotidienne) pour élaborer le modèle explicatif de la fabrique d’Angkor Thom.

Le deuxième verrou réside dans la réalisation d’une série de sondages archéologiques complémentaires et plus généralement d’activités de terrain au Palais royal d’Angkor Thom. Ces sondages, en raison de l’importance mais également de l’insuffisance des données acquises pour les niveaux les plus anciens sur ce site stratégique, fourniront les conditions d’une compréhension sur les origines du développement de la ville. Cette activité de terrain sera complétée par un volet paléoenvironnemental avec comme objectif de restituer autant que possible la végétation proche du Palais royal ; une série de carottages et d’analyses sur les échantillons recueillis seront réalisées dans le grand bassin du Palais royal, véritable trésor palynologique. Parallèlement, sera menée une analyse micromorphologique d’identification de la nature des microfaciès sédimentaires.

Le troisième verrou réside dans la mise en œuvre d’une méthodologie et d’outils originaux adaptés à l’analyse des données de grande dimension aboutissant à la constitution de référentiels de données archéologiques structurés qui sera unique en Asie du Sud-est et à leur modélisation archéo-statistique. Il s’agira d’adapter et de développer pour Angkor Thom des modèles statistiques de datation et d’analyse spatiale déjà élaborés pour une ville moyenne de l’occident médiéval comme Tours. La démarche méthodologique et les outils développés seront autant d’acquis pour les recherches futures. Ce verrou très interdisciplinaire du projet constitue un enjeu scientifique à part entière (Base de données-ArSol, SIG ; Modélisation statistique).

Le quatrième verrou de valorisation scientifique du projet réside dans la réalisation du site internet ModAThom. Il sera construit autour d’une cartographie dynamique et de restitutions 3D en partie animées de certains espaces de la ville renseignés par l’archéologie, en y intégrant une sélection de données utiles à la compréhension de la fabrique d’Angkor Thom. Le site ModAThom, permettra une révision de l’image de la ville actuellement invisible, tout en mettant à disposition des chercheurs des données structurées, libres de droit, selon les recommandations du Consortium « Mémoire des Archéologues et des Sites Archéologiques » labellisé par la TGIR Huma-Num).

Ainsi, le projet ModAThom fondé sur une analyse des données mobilières et immobilières d’un sol urbain dans sa diversité introduit un changement radical dans l’étude du site d’Angkor. Son originalité et son potentiel de rupture se situent à plusieurs niveaux :

  • l’étendue spatiale et temporelle couverte ;
  • la dimension interdisciplinaire d’analyse et de synthèse plurifactorielle et multiscalaire des phénomènes dans le temps ;
  • les perspectives qu’il ouvre, de replacer les données collectées sur le site à l’intérieur d’une première grande périodisation de son histoire et ainsi de suggérer de nouvelles voies de recherche.

Partenaires

  • CITERES UMR 7324 : Laboratoire Archéologie et Territoires, CNRS/Université de Tours (Porteur-financé)
  • EFEO : Ecole Française d’Extrême-Orient (financé)
  • APSARA : Autorité pour la Protection du Site et l’Aménagement de la Région d’Angkor (Autorité Nationale, Cambodge)
  • LMJL UMR 6629 : Laboratoire de Mathématiques Jean Leray, CNRS/Université de Nantes (financé)
  • IFP : Institut Français de Pondichéry, Département Ecologie (Inde) (financé)
  • LI EA 6300 : Laboratoire Informatique, Université de Tours
  • GéHCO EA 6293 : Laboratoire de GéoHydrosystème, Université de Tours
  • ArAr UMR 5138 : Laboratoire d’Archéologie et Archéométrie, CNRS/Université de Lyon 2