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Prodhon Sarah

Les chaînages en bois et en fer dans les églises gothiques du XIIIe siècle

Thèse commencée en 2018

Direction : Philippe Husi et Arnaud Timbert (PU Univ. Amiens) et co-encadrement par Frédéric Epaud

Financement : Allocation de recherche ministérielle

Cette thèse se propose d’étudier les chaînages de plusieurs édifices de l’architecture gothique rayonnante du XIIIe siècle dans la moitié nord de la France. Ces chaînages s’observent sur les monuments majeurs de l’architecture gothique des XIIIe et XIVe siècles, qu’elle soit religieuse, civile (Palais des Papes d’Avignon) ou militaire (donjon de Vincennes, tour de La Rochelle). Ils constituent une ossature pour l’édifice et sont composés d’un ensemble de tirants en bois ou en fer, assemblés entre eux et disposés à plusieurs niveaux des élévations. Si les chaînages en bois ne sont présents qu’à la hauteur des grandes piles, les dispositifs en métal sont quant à eux observés à tous les niveaux de l’édifice, sur les voûtes, dans les grandes baies et les arcs boutants. Ancrés dès l’origine dans les maçonneries par des crochets, ces éléments relient les piles entre elles et traversent les fenêtres en étant dissimulés par le vitrail.
Si Eugène Viollet-le-Duc les mentionne dès le XIXe siècle, les rares études faites à ce jour n’ont porté que sur l’analyse physico-chimique de quelques tirants de fer. Les éléments en bois n’ont quant à eux jamais été observés, excepté une datation dendrochronologique sur ceux de la cathédrale de Chartres en 1990 par Anne Prache. A l’étranger, seul un inventaire des chaînages en bois a été réalisé sur les églises romanes d’Italie du Nord par Tancredi Bella.

Les objectifs de la thèse portent sur la conception et les modalités d’ancrage des chaînages dans l’édifice. Ce travail s’attachera également à définir leur rôle architectonique, d’une part, dans le déroulement du chantier de construction pour la tenue des élévations et, d’autre part, pour la stabilité du monument sur le long terme en raison du gigantisme et de la finesse des structures. L’enjeu de cette thèse est de comprendre dans quelle mesure ces chaînages ont permis l’érection des grandes cathédrales du XIIIe siècle et contribué ainsi à la diffusion du gothique rayonnant en Europe.

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Restitution des tirants de bois, chœur de la cathédrale de Tours, plan du premier niveau


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Tirants de fer transversaux et longitudinaux, troisième travée (côté sud) du triforium du chœur de la cathédrale de Tours, vue prise de l’ouest


Le corpus retenu pour ce travail comprend les cathédrales de Beauvais, Bourges, Chartres, Reims, Saint-Quentin, Troyes, Tours et la Sainte-Chapelle de Paris. Un corpus secondaire constitué d’autres églises gothiques situées en France, en Angleterre, en Allemagne et en Italie servira pour les comparaisons. L’acquisition des données s’appuiera sur des relevés des élévations (scanner 3D, tachéomètre laser, relevé manuel, photogrammétrie) et sur l’étude des sources textuelles médiévales.

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Nuage de point de la cathédrale de Tours (chœur, transept, trois premières travées de la nef)


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Relevé des tirants de fer —formant quatre niveaux de chaînage— et restitution des tirants de bois, déroulé des élévations intérieurs du chœur de la cathédrale de Tours


Cette thèse sera co-dirigée par Philippe Husi (IR HDR CNRS) et Arnaud Timbert (PU Univ. Amiens) et co-encadrée par Frédéric Epaud, (CR1 CNRS) dont les recherches portent sur les cathédrales gothiques. Elle s’inscrit dans le programme de l’axe 2 « Architecture et techniques de construction » du Laboratoire Archéologie et Territoires de l’UMR CITERES, coordonné par F. Epaud. Ce travail bénéficiera des outils d’acquisition 3D (scan et photogrammétrie) de la MSH Val de Loire et de l’implication du laboratoire dans le consortium 3D de la TGIR Huma-Num.