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Deparis Muriel

« Fonctions écologiques et perceptions humaines de la flore urbaine, antagonisme ou synergie ? »

par Muriel - 25 septembre

Thèse débutée en 2019

Direction : Francis Isselin

Projet de thèse :

En France, les zones urbaines hébergent 77% de la population et occupent 22% du territoire, soit une progression de 19% depuis 2000 (INSEE). Cette expansion urbaine génère des problèmes écologiques (imperméabilisation et dégradation des sols, fragmentation des habitats naturels, intensification des pratiques de gestion) qui ont d’importantes conséquences notamment sur les assemblages d’espèces végétales, en filtrant certaines espèces en fonction de leurs caractéristiques écologiques (Williams et al., 2015) et peut par exemple favoriser le développement d’espèces exotiques envahissantes (Pysek et al., 2010). D’un point de vue social, les changements des modes de vie des citadins induisent une diminution de l’expérience quotidienne et directe de la nature, menant à une méconnaissance et un désintérêt pour la nature (Soga and Gaston, 2016). Pourtant, de nombreux travaux montrent que cette expérience de la nature est indispensable pour la santé et le bien-être humain (Frumkin et al., 2017). Cette expérience pourrait être favorisée en diminuant l’intensité de gestion et en laissant s’exprimer une flore spontanée diversifiée (e.g. dans les friches : Bonthoux et al., (2014), sur les trottoirs  : Bonthoux et al. (2019b). Contrairement à ce qui est couramment admis par les gestionnaires, cette flore spontanée peut être plus appréciée qu’une absence totale de végétation, et des actions d’aménagement peuvent améliorer son acceptation (Brun et al. 2018 ; Bonthoux et al., 2019a). Malgré ces résultats encourageants, les travaux en écologie urbaine sont encore balbutiants et les liens entre fonctionnements sociaux, formes urbaines et fonctionnements écologiques sont à approfondir pour imaginer les clés d’un développement respectueux de l’environnement et de la qualité de vie des habitants. L’objectif de la thèse est d’approfondir notre compréhension des fonctions écologiques urbaines, en prenant en compte les formes urbaines et leurs histoires ainsi que les pratiques de gestion qui sont très diversifiées en fonction des usages. Par ailleurs, il s’agira d’évaluer le degré de convergence possible entre des objectifs de (non)gestion en faveur de la biodiversité et les perceptions sociales de cette biodiversité. Précisément, il s’agira de tester en quoi l’histoire des sites urbains (âge de construction), la diversité des usages (e.g. parc public, jardin privé individuel ou collectif, espace vert industriel, voies ferrées, bords de routes) et des formes (taille et forme des parcelles) et les pratiques de gestion (e.g. intensité de fauche) structurent les communautés végétales à travers les mécanismes de dispersion et de sélection d’habitat (niche écologique). Ces mécanismes seront étudiés sur la communauté de communes d’Agglopolys, dans des communes de tailles différentes (ville, petite ville, bourg) et localisées dans des contextes paysagers variés (plaines céréalières de la Beauce, paysage forestier solognot) afin d’évaluer les interactions entre le contexte culturel et environnemental et les facteurs urbains. La candidate utilisera une approche de géographie et de géomatique pour caractériser finement les zones urbaines du site d’étude. Des sites contrastés en termes d’âges, d’usages et de formes seront ensuite sélectionnés pour développer une approche fonctionnelle en mesurant des traits végétaux (Perez-Harguindeguy et al. 2013) afin d’identifier les caractéristiques anatomiques et physiologiques permettant aux plantes de s’adapter aux contextes variés du milieu urbain. Ces mesures in situ permettront de caractériser les capacités de dispersion (e.g. nbre et taille de graine). de croissance et de compétition (e.g. hauteur, teneur en nutriment) et de reproduction (e.g. nombre et type de fleurs) entre les espèces et au sein d’une espèce donnée. De plus, pour caractériser les niches écologiques urbaines de ces espèces, les paramètres climatiques et physico-chimiques du sol seront mesurés. La combinaison de ces approches est essentielle pour déterminer le poids respectif des conditions environnementales locales et des formes et usages urbains dans l’assemblage des espèces végétales en milieu urbain. Notre approche sera très innovante dans la mesure où elle combinera une approche spatiale d’écologie du paysage à large échelle avec une approche caractérisant localement la niche et les réponses fonctionnelles des communautés. Le volet écologique sera complété par l’étude des perceptions (appréciation esthétique, attachement émotionnel), des usages et des préférences de la flore urbaine par les habitants. En particulier, l’objectif sera d’évaluer les préférences des habitants vis-à-vis des caractéristiques des espèces (en termes de couleurs, de formes, de phénologie) et des communautés végétales (diversité, structures et forme végétales) . Il, s’agira également d’évaluer comment le degré de variabilité de ces préférences peut être expliqué par les caractéristiques des interrogés (e.g. urbain/rural, degré d’attachement au territoire, caractéristiques socio­ démographiques) . Cette étude sera menée dans les mêmes sites que l’approche écologique. Les résultats sur les fonctions écologiques et les perceptions humaines de la flore seront combinés pour évaluer les types d’aménagement et de gestion qui favorisent les synergies entre des objectifs de maintien de la biodiversité et l’acceptation sociale de celle-ci et ceux qui créent des antagonismes. Des leviers d’actions seront explorés pour améliorer le regard des habitants sur les sites à forte valeur écologique mais peu appréciés.