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Champigny Zoé

« Enjeux et stratégies des (re)constructions urbaines post-conflictuelles au Kurdistan d’Irak : le cas d’Erbil »

par Muriel - 25 septembre

Thèse débutée en 2019

Direction : Anna Madoeuf

Projet de thèse :

L’Irak a été le berceau de nombreux conflits contemporains, dont la guerre opposant Irak et Iran (1980-1988), la guerre du Golfe (1990-1991) et celle d’Irak (2001-2003) . Quant à la région du Kurdistan, elle a subi « AI-Anfal » - une campagne antikurde violente - à la fin des années 1980, ainsi que des conflits opposants ses deux partis politiques majeurs , le PDK et I’UPK, ou bien l’opposant à l’État central et donnant lieu à de véritables sanctions économiques. Plus récemment, le Kurdistan a aussi été un des principaux terrains de la guerre contre l’État Islamique, ce qui l’a profondément meurtri. Les destructions à Erbil ne sont, à partir des années 1990, non pas le fruit de bombardements mais les conséquences des affres de la guerre : les bâtiments du centre-ville sont délaissés et tombent en ruines, le métal qui constituait la structure de constructions en cours- telles l’Hôtel Sheraton- est récupéré par les habitants qui le vendent pour lutter contre la famine, et les habitants des villages se réfugient en ville, ceci ayant des conséquences directes sur l’urbanisme d’Erbil. Le Kurdistan a bénéficié d’un essor économique considérable, de 2003 jusqu’en 2014, ce qui lui a permis de se (re)construire, en partie, et Erbil a cette période s’illustre en tant que« capitale kurde » avec une floraison de grands projets urbains qui s’y sont développés, conçus notamment dans le but d’attirer les investisseurs étrangers et de démontrer son autonomisation face à l’État central. La (re)construction de la ville a été stoppée avec les nouveaux conflits, de nombreux bâtiments sont restés inachevés- ce qui donne lieu à l’installation de nombreux réfugiés- ou bien vides. Aujourd’hui, la (re)construction semble se dessiner une nouvelle fois, la Région Autonome du Kurdistan a en effet pris la décision de définir un budget pour la reprise des projets arrêtés à Erbil. Des entreprises telles que Khatib & Al ami -une entreprise libanaise spécialisée dans les domaines de l’urbanisme, de 1 ’architecture et de l’ingénierie- a notamment annoncé la reprise d’un certain nombre de projets au Kurdistan. La (re)construction est à envisager comme étant le principal moyen matériel de la reconstruction d’une société meurtrie. Par 1 ’urbain, on créé une nouvelle image de la ville tout en lui promettant l’expression d’un nouveau jour. Le phénomène de reconstruction et de construction massif qui a eu lieu à Erbil appelle à étudier les stratégies de l’urbanisme de (re)construction. Trois axes principaux permettront d’aborder la question des reconstructions à Erbil : Axe 1 : (Re)construire après la guerre : les enjeux d’une situation inédite Axe 2 : Acteurs de la (re)construction : un système mondialisé, vers une perte d’identité ? Axe 3 : Formes de reconstructions : reconstruire une société ? Les travaux d’Eric Verdeil sont particulièrement évocateurs de cet urbanisme, selon lui les reconstructions en situation post-conflictuelle s’inscrivent dans un contexte particulier : celui de la sortie ou de l’après-guerre. Les enjeux de ces reconstructions s’inscrivent ainsi dans une temporalité particulière marquée par des particularités physiques et politiques, mais aussi par l’urgence nécessaire de la prise de décisions. La notion de priorités des espaces à construire ou reconstruire, mais aussi les destinations de ces espaces urbains seront alors à interroger, afin de définir les clefs de compréhension des stratégies de reconstructions. L’exemple beyrouthin pourrait ainsi être illustrateur du cas d’Erbil. Les documents d’urbanisme, tels que les Master Plans d’Erbil, disponibles au sein du Planning department du Ministry of Municipalities, qui ont donné lieu à une fine analyse de la situation de la ville, peuvent aussi être des ressources majeures pour la compréhension de cet urbanisme et de ses enjeux. Les travaux de Caecilia Pieri pourront permettre d’aborder les questions de patrimoine dans une région en guerre, mais aussi la modernité urbaine à laquelle Erbil semble aspirer, sur le modèle de DubaL L’Irak et sa région semblent en reconstruction perpétuelle, ceci mobilisant différents acteurs internationaux, tels que l’Unesco, des Organisations non gouvernementales, mais aussi différents États ou acteurs étrangers, pa1fois bien familiers de cet urbanisme, c’est le cas des Palestiniens ou encore des Libanais. Par ailleurs, l’influence des États-Unis sur la région, n’est pas sans rappeler la situation européenne à la suite de la Seconde Guerre Mondiale. Ces reconstructions sont donc à lire dans un cadre global, mondialisé, au sein duquel acteurs, moyens, modèles et expertises sont en circulation. L’objectif de cette recherche est de comprendre et d’analyser l’urbanisme de (re)construction du Kurdistan et ses enjeux locaux et internationaux à la lumière de l’exemple de la ville d’Erbil.