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Lafont Marie

Bourges, une ville en (re)construction après l’incendie de 1487

Thèse commencée en septembre 2015

Direction : Elisabeth Lorans

Il était acquis jusqu’ici que l’incendie qui a brûlé Bourges le 22 juillet 1487 avait été dévastateur, et marquait le déclin de la ville. L’objectif de cette thèse est d’étudier les sources, écrites et matérielles, contemporaines de l’incendie, afin de remettre en question le mythe qui s’est construit autour de ce grand incendie. Grâce à l’étude de ces sources, nous montrerons que l’étendue de l’incendie a certainement été amplifiée par les échevins dans le but d’obtenir une aide financière de la part de Charles VIII. Puisque ce dernier a octroyé à la Ville une part sur son droit de gabelle, l’incendie a bien été le facteur déclenchant d’une vaste reconstruction urbaine. Pourquoi et comment la reconstruction de la ville a-t-elle pu dépasser la stricte étendue des destructions causées par l’incendie ?
Les sources écrites et matérielles mises au jour et analysées dans cette thèse sont extrêmement riches et nombreuses. Le dépouillement effectué aux archives municipales et départementales nous a conduite à retenir les pièces datées entre 1487 et 1500 – date à laquelle les mentions de l’incendie devenaient très rares. La construction d’une base de données s’est révélée nécessaire pour permettre l’analyse des registres comptables municipaux. Les minutes de notaires ainsi que les cens et rentes des communautés religieuses ont également été intégrés à une base de données permettant ainsi l’étude du mouvement immobilier sur cette même période. Par ailleurs, une grande campagne de visites de maison, caves et autres bâtiments nous a permis de repérer et d’étudier les édifices élevés après 1487. Enfin, la mise en place d’un système d’information géographique (SIG) a été indispensable pour confronter ces sources de natures très différentes.
Selon nous, l’étude des sources montre que l’incendie ne signe pas le début du déclin de la ville puisqu’il engendre une large reconstruction. L’une des grandes pertes causées par l’incendie, la plus importante peut-être, est celle des archives municipales qui ont brûlé en 1487. Symboliquement, cette perte est dramatique puisque à cette occasion la ville a perdu tous ses papiers, et donc toute sa mémoire. Les échevins ont certainement cherché à réaffirmer leur pouvoir, et cela s’est en partie matérialisé par une forte affirmation de leur présence dans l’espace urbain. À cette fin, les deniers octroyés par Charles VIII ont été utilisés pour trois principales actions : la construction d’un hôtel de ville, la rénovation de l’enceinte urbaine et le pavage des voies de circulation. Les conditions de travail des ouvriers qui ont travaillé à ces chantiers sont très bien documentées par les registres comptables. Par conséquent, nous proposons une étude minutieuse du fonctionnement des métiers du bâtiment à Bourges entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. Enfin, l’analyse des nombreux édifices conservés témoigne, en dehors de quelques cas exceptionnels (hôtel Lallemant), de la permanence du parcellaire, des modes de construction et des formes architecturales. Ainsi, l’étude des sources écrites a permis de démontrer que l’incendie a été utilisé, par les échevins et le roi, comme prétexte pour justifier un important octroi sur son droit de gabelle. L’incendie a finalement permis de financer l’embellissement de la ville et donc de maintenir ou de relancer son attractivité : c’est bien ce dont témoignent les très nombreuses maisons reconstruites à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, en pierre et en bois dans la ville.