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Pica Cosimo

« Le rôle des migrations dans la (re)construction de l’identité nationale turque et la promotion du néo-ottomanisme sur la scène internationale »

par Muriel - 7 septembre

Thèse débutée en 2021

Direction : Jérôme Bocquet. Co-Encadrant : Gülçin Erdi

Avec ce projet de thèse, je vise à analyser le rôle des migrations internationales, à des périodes différentes, dans la construction et la transformation de l’identité nationale turque ainsi que leur instrumentalisation par les gouvernements successifs notamment dans la politique étrangère turque à l’échelle régionale et mondiale.

Les deux périodes que je propose d’étudier sont les suivantes :

1) La première période est les années 1980, où la Turquie passe d’un pays historiquement d’émigration à un pays d’immigration et de transit avec l’arrivée des milliers de kurdes suite à la première guerre d’Irak.

2) La deuxième période est les années 2010 où la Turquie a dû faire face à une migration syrienne massive et durable suite à la crise humanitaire causée par la guerre civile en Syrie.

Les deux caractéristiques majeures de ces périodes sont le contexte de guerre et la nature politique et humanitaire de la migration donc non calculée, non-planifiée par le gouvernement et surtout inattendue par la société turque. J’analyserai dans quelle mesure ces différentes vagues migratoires ont affecté la définition de l’identité nationale et de la citoyenneté ainsi que la perception par les citoyens turcs de leur imaginaire national puisque ces flux et les politiques migratoires turques mises en place par la suite ont considérablement affecté le tissu socio-culturel et ethnique des grandes métropoles turques et ses habitants.

Parallèlement, j’étudierai le rôle des leaders politiques et des politiques étatiques dans l’instrumentalisation de ce fait social pour faire valoir certaines orientations politiques et la quête de la Turquie pour devenir une puissance régionale tout en intervenant dans la reconfiguration politique de ses voisins.

A partir de là, je formule deux hypothèses de recherche :

1) Ma première hypothèse est la suivante : les migrations internationales sont un phénomène nouveau en Turquie et de ce fait ont des impacts indéniables sur la perception de la nation et de la citoyenneté dans la société turque. De ce fait, si on va dans le sens des auteurs comme Bozarslan et Içduygu, en tant qu’un phénomène extérieur « subi », elles ébranlent les fondements de l’idée de la nation turque telle qu’elle a été définie par les principes de la République d’Atatürk qui implique une homogénéité nationale et qui exclue de fait la multiethnicité et la multiculturalité.

2) Ma deuxième hypothèse est que ces migrations sont en même temps considérées comme une opportunité par les décideurs politiques pour faire valoir leur orientations et objectifs politiques expansionnistes notamment en politique étrangère mais aussi pour élargir leur marge de manœuvre dans la consolidation de leur pouvoir politique face aux exigences de démocratie. Les négociations en matière de migration entre la Turquie et l’UE sont un exemple emblématique en ce sens, mais aussi le recul de la démocratie en Turquie démontre cette stratégie.

Je postule que les phénomènes migratoires et la construction de l’identité nationale sont des processus ouverts et malléables, qui changent et sont liés à des conditions historiques et politiques différentes, qui ont à la fois un poids dans ces processus, mais sont aussi marqués par ces derniers.

Les caractéristiques spécifiques de mon objet de recherche nécessitent l’utilisation d’une perspective interdisciplinaire qui inclut des contributions de l’histoire, de la sociologie et de la science politique.