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Prospections en forêt domaniale de Boulogne (Tour-en-Sologne)

Prospections pédestres

Contrat débuté en 2019, achevé en 2019
Responsable scientifique : Solène Lacroix

Cette prospection pédestre s’inscrit dans le cadre d’une thèse concernant « la production du fer dans les forêts du Centre de la France, le cas des forêts de Châteauroux (Indre) et de Boulogne/Chambord (Loir-et-Cher) au Moyen Âge » sous la direction de P. Husi (Ingénieur de recherche CITERES - HDR) et la co-direction de N. Dieudonné-Glad (professeur d’archéologie antique à l’Université de Poitiers - HERMA).

La présence d’éléments témoignant de l’existence d’une activité métallurgique ancienne dans les forêts de Boulogne et de Chambord (Loir-et-Cher) est connue depuis une vingtaine d’année grâce aux nombreuses observations réalisées par L. Magiorani. Ce massif s’étend sur environ 105 km² et se trouve à environ 10 km au sud-ouest de Blois. Entre 2014 et 2017, le programme SOLiDAR dirigé par X. Rodier et C. Laplaige du Laboratoire Archéologie et Territoires (UMR CITERES 7324), a permis d’appréhender de façon très précise la microtopographie de ces forêts, et ainsi celle des différents ferriers qui les compose.

Le massif de Boulogne/Chambord comprend 43 ferriers situés principalement au sud et au sud/ouest de la forêt. La restitution du volume moyen de déchet composant ces sites (< 400 m3) permet de définir qu’ils ont été engendrés par une production métallurgique de faible à moyenne ampleur que l’on peut situer entre celle observée dans le Poitou par G. Saint-Didier et celle restituée par F. Sarreste sur les plus petits sites du Bas-Maine.

Les vestiges prélevés témoignent de l’utilisation de bas fourneaux à scories écoulées dont l’argile beige/orangée provient probablement de la forêt ; pour consolider la structure, les artisans ont employé des éléments de terre cuite architecturale. La cuve des fours, installée à même le sol, mesure en moyenne entre 15 et 20 cm et est de forme arrondie et plano-convexe ou quadrangulaire et plan. Un orifice, situé à la base des fours, permet à la scorie de s’écouler, puis de cheminer facilement sur le sol grâce à la présence de canaux d’environ 5 cm de diamètre. De nombreux indices signalent également que les artisans ont utilisé des tuyères en argile, composée d’une base plus ou moins épaisse et d’une partie supérieure semi-cylindrique, pour favoriser la ventilation des fours.

La production du fer est caractérisée dans ce massif par une activité de réduction dont les vestiges semblent assez homogènes. Cette homogénéité signale une technique de fabrication très similaire au sein de toute la forêt caractérisée notamment par des températures importantes et des scories écoulées très peu fluides lors de leur écoulement.

Une activité de forge est associée à au moins 3 sites de réduction. Elle est caractérisée par des foyers mesurant moins de 10 cm de diamètre, de forme arrondie et plano-convexe et creusés à même le sol. Les culots de forge signalent des petits travaux engendrés par des techniques différentes.

Les indices de datation relevés sur les sites métallurgiques du massif permettent de dater l’activité qui y a pris place entre le début du VIe et le début du VIIIe s. Or, la production du fer est peu connue en France et dans la région pour cette période. Ces sites apportent donc des informations essentielles quant à notre compréhension de la métallurgie et son développement entre l’Antiquité, période de très importante production avec le site des Ferrys par exemple, et le Moyen Âge central au cours duquel de nouveaux outils de production apparaissent comme les proto haut fourneaux ou l’utilisation de l’énergie hydraulique. L’histoire des scories ne s’arrête cependant pas au haut Moyen Âge puisque de nombreux indices et témoignages montrent qu’une partie de ces déchets est réemployée au cours du temps, notamment pour la création ou la restauration des routes forestières.



Ce contrat s'inscrit dans l'axe de recherche Axe 3 - Pratiques sociales et aires culturelles