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Lakehal Ahcène

La fabrication plurielle de centralités dans la périphérie de Constantine : le cas de la ville nouvelle Ali Mendjeli

Thèse soutenue le 23 mai 2013
Direction : Pierre Signoles

La ville de Constantine, la troisième agglomération par la taille d’Algérie, a connu depuis le début des années 1980 une croissance démographique extrêmement rapide et un étalement considérable de ses périphéries urbanisées. Cette dynamique s’est accompagnée de changements profonds dans son organisation socio-spatiale, dans les manifestations de son urbanité et dans les représentations que ses habitants se forgent des différents quartiers qui la composent. L’un des changements les plus profonds qui a affecté l’agglomération constantinoise est lié à la création de la Ville Nouvelle Ali Mendjeli. Celle-ci constitue aujourd’hui, sans nul doute, l’un des principaux théâtres des dynamiques territoriales de la périphérie constantinoise. Créée ex nihilo, sa mise en place par les seules autorités locales (le wali et les services de la wilaya) a été difficile et il lui a fallu presque dix ans pour que son développement atteigne son rythme de croisière, grâce, il faut le reconnaître, à d’importants investissements de l’Etat, lesquels, pour être tardifs n’en ont pas moins été massifs. Ces dynamiques résultent de flux de mobilités résidentielles dont les contenus sociaux se sont largement diversifiés – après un peuplement constitué presque essentiellement de bidonvillois et d’habitants pauvres de la médina qui y furent relogés par les autorités, le relais a été pris par des membres des classes moyennes auxquelles des logements en location-vente sont désormais proposés – et d’initiatives diversifiées d’acteurs économiques dont les principaux sont les commerçants et les prestataires de services privés. L’importance des activités marchandes a peu à peu constitué la Ville Nouvelle comme un nouveau centre de l’agglomération constantinoise, en même temps que leur concentration, en quelques lieux particuliers de cette ville, permettait d’y affirmer progressivement une véritable urbanité et d’y favoriser la constitution et le développement de relations sociales assez intenses. Cette thèse analyse la fabrique de la Ville Nouvelle, son peuplement, puis l’évolution de sa centralité. La recherche s’est appuyée sur des enquêtes de terrain qui ont été conduites entre 2006 et 2010 et qui combiné relevés d’activités, passage de questionnaires et entretiens non directifs (récits de vie). Nous avons surtout essayé de déterminer les rôles respectifs des acteurs publics et privés dans la production de cette centralité. Si l’impulsion de départ était bien le fait des responsables politiques, relayés par des urbanistes à leur service, le système d’acteurs s’est rapidement complexifié, du fait des stratégies des commerçants et des pratiques des résidents, « citadins ordinaires ». Aujourd’hui, l’action combinée de tous ces acteurs fait que s’inventent à Ali Mendjeli de nouvelles formes d’urbanité.