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Verdelli Laura

Héritages fluviaux, des patrimoines en devenir processus d’identification, protection et valorisation des paysages culturels en France, Portugal et Italie ; quelques exemples significatifs.

Thèse soutenue le 5 décembre 2008
Direction : Serge Thibault

Ma recherche porte sur une analyse comparative de l’évolution de l’aménagement du territoire après l’introduction de la variable "culture". Notamment dans trois cas fluviaux en Europe inscrits (à des titres différents) sur les Listes du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et qui partagent en gros les mêmes problématiques : la Haute Vallée du Douro au Portugal, le Val de Loire en France, et un système complexe italien constitué par les Vallées du Ticino, de l’Adda et d’une partie de celle du Pô. Tous les exemples choisis ont subi la désaffectation du fleuve en tant qu’axe infrastructurel (de transport et économique) et sont aujourd’hui en train de le réaménager et revitaliser, à travers l’aménagement d’infrastructures culturelles (en recourrant à la notion élargie de patrimoine culturel), prioritairement vouées au développement du tourisme culturel. Ce qui est intéressant en particulier le long des fleuves c’est la tentative de concilier un aspect du territoire fortement anthropique avec un aspect naturel, où la nature est fortement naturata, dressée par les activités de l’homme au cours des siècles. On considérera la position des trois pays, en analysant les différents régimes légaux afin d’illustrer la supposée dichotomie entre culture et nature parmi les concepts prévalent de patrimoine, où la définition de paysage continue suspendue entre naturel et culturel. Les volontés et les nécessités de développement infrastructurel se composent avec les idées de respect du territoire, du paysage culturel, de l’exploitation touristique d’un espace naturel. Un volet de la recherche est donc plutôt théorique, ayant comme objectif la compréhension de la construction d’une idée : comment reconstruire/réinventer une infrastructure qui a perdu la raison qui avait permis son développement en exploitant une nouvelle notion. Les différentes démarches d’interprétation des acteurs relèvent, de manière plus ou moins explicite, du processus d’interprétation de territoires à partir de représentations, construites, en l’occurrence, sur une matière patrimoniale. Je m’intéresse à la façon dont l’introduction de grandes notions théoriques : l’élargissement de la notion de patrimoine mais aussi les concepts de développement durable, organisent la réalisation des petites actions opérationnelles sur le terrain. Comment les acteurs (tant publics que privés) transfèrent ces grandes notions théoriques dans la pratique en passant à la fabrication concrète, dans l’espace, le temps et la société. Planifier le territoire d’aujourd’hui, c’est-à-dire insérer la variable "patrimoine culturel" dans la planification, signifie produire l’héritage à venir, non seulement en termes de conservation, protection, réhabilitation et mise en valeur du passé mais aussi en termes de projet cohérent pour le futur afin d’orienter les transformations physiques de type culturel. Et un volet est éminemment pratique : c’est-à-dire analyser l’application sur le territoire et sur les politiques d’aménagement de ces théories, dans des cas spécifiques. Est-ce que cette nouvelle orientation/aspiration amène à des changements repérables dans l’aménagement du territoire et dans sa conception ? Et, en cas affirmatif, comment projeter cette question dans le futur ? Dans ce cadre rentre aussi, comme facteur structurant, l’analyse des comportements des différents acteurs qui agissent sur le territoire : économiques, culturels, institutionnels, etc. Ces composantes, à la base de la construction matérielle du territoire, même quand ne sont pas directement responsables des politiques d’aménagement, exercent une influence très forte et orientent les planificateurs. Les nombreux cas dans les trois différents pays ont été aussi choisis (autre qu’en fonction d’une liste des caractéristiques communes) en faisant référence aux volontés affichées de mettre en oeuvre des politiques spécifiques au patrimoine culturel, volontés qu’étaient déjà explicitées dans les demandes d’inscription parmi les listes de l’UNESCO. En faisant référence, dans l’évolution du droit international pour la protection de l’héritage, à l’introduction du paysage culturel comme une catégorie séparée dans la Convention du patrimoine mondial.