CITERES


Partenaires

Logo CNRS
Logo Université François Rabelais




Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS

logo MSH Val de Loire
logo INRAP

Accueil du site > Doctorants > Bernier Sandrine

cost

Bernier Sandrine

Perceptions des risques industriels et nucléaires. Enjeux, négociations et construction sociale des seuils d’acceptation des risques

Thèse soutenue le 29 novembre 2007
Direction : Sylvette Denèfle

Résumé en français : Dans ce travail de thèse, nous interrogeons les perceptions des risques industriels dans les pays occidentaux en ce début de XXIème siècle. Nous cherchons à comprendre comment des concepts de développement durable, de principe de précaution, de responsabilité ou encore de risque zéro sont progressivement apparus autour d’un modèle de pensée basé sur la rationalité scientifique. Ce modèle est ébranlé aujourd’hui par une incapacité à répondre à toutes les interrogations qu’il soulève et à parer à toutes les situations de risques. Pourtant, même déstabilisé, il reste une valeur de référence travaillée par des accidents du passé. Ceux-ci ont poussé à une législation visant essentiellement à délimiter des responsabilités et à protéger ceux qui l’engagent. L’information du public devient un enjeu de démocratie et aussi de protection de ce modèle de pensée. Ces enjeux ont pour toile de fond les lobbyings sécuritaires, économiques et politiques qui reconfigurent en permanence les frontières de l’acceptation des risques. On se retrouve avec un positionnement construit autour de l’idée du maintien de notre mode de vie et de notre système de valeurs, qui même en crise ne se trouvent pas remis en cause. L’originalité de cette recherche tient à la dimension importante de terrain local que nous apportons, qui se compose de sites classés Seveso et nucléaires implantés en Indre et Loire. Nous avons interrogé cinq catégories d’acteurs par entretien ou par questionnaire dans le but de comprendre leur position vis-à-vis des situations de risques technologiques. Leurs discours permettent de comprendre et d’affiner les seuils d’acceptation qu’ils définissent autour des risques industriels et de faire ressortir la complexité d’une situation mêlant enjeux politiques, pressions environnementales, logiques économiques et contraintes sécuritaires, vers un positionnement flou et complexe. Ce terrain éclaire une réalité faite de contrastes sur les perceptions de risques d’aujourd’hui.

Résumé en anglais : In this thesis we will question the perceptions of industrial risks in the occidental world at the beginning of the 21st century. For this purpose we will try to understand how concepts such as sustainable development, precautionary principle, liability, or even zero-risk bias have progressively developed around a thought model based on the scientific rationality. This model is now undermined by its incapacity to fully address the issues it raises and completely avoid the potential risks. However, despite consistent weaknesses, it remains a reference value moulded by past accidents which have led to the making of laws aiming mainly at defining liability and protecting those who are held liable. Thus, public information becomes a requirement for democracy and the protection of this thought model. In this context, the protagonists at stake are security-conscious, economical and political lobbies that constantly redefine the limits of risk acceptance. We come to the realization that our lifestyle and value system remain unchallenged even though undergoing a crisis. The specificity of this research lies into the importance we give to the local approach, dealing with registered Seveso sites and nuclear plants located in Indre et Loire. We have polled five categories of respondents through interviews or questionnaires in order to understand their opinion regarding situations involving technological risks. The result of this survey helps us understand and set the levels of risk acceptance that they define with regard to the industrial risks and show the complexity of a situation involving political stakes, environmental pressures, a profit-driven economy and security constraints, in a vague and complex context. This work gives us a contrasted picture of today’s perceptions of risks.