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Marot Emeline

Morphologie urbaine et architecture civile au Moyen Age : le quartier de la collégiale Saint-Martin de Tours de la fin du 10e siècle au 14e siècle.

Thèse soutenue le 20 décembre 2013
Direction : Elisabeth Lorans

Ce travail s’appuie sur l’analyse archéologique des constructions médiévales en pierre de Châteauneuf (Tours) des 10e-14e siècles pour mettre en évidence à la fois les pratiques constructives et les processus de formation de cet espace. Cette problématique s’inscrit dans les travaux du Laboratoire Archéologie et Territoires, dont un des objectifs est de comprendre la fabrique de la ville, c’est-à-dire les relations entre l’espace urbain et les sociétés qui l’ont produit.

La zone d’étude correspond à une partie de la ville de Tours actuelle, occupée pendant l’Antiquité et surtout à partir du haut Moyen Âge, après l’inhumation de saint Martin dans la nécropole située à l’ouest de la ville et qui a conduit au développement d’un lieu de culte. Un monastère a été créé à cet emplacement, associé à de nombreux autres établissements religieux, formant un réseau dense dans cette partie de l’agglomération qui s’est formée grâce aux pèlerinages. La basilique Saint-Martin, transformée en collégiale au 9e siècle, a ensuite formé le centre d’une enceinte construite au 10e siècle, regroupant le quartier canonial au sud et une partie du bourg laïc au nord. L’édification de cette enceinte, le castrum sancti Martini, constitue une étape importante dans la définition de l’agglomération, indépendante de la Cité de Tours, qui regroupait les pouvoirs comtal et épiscopal. Ce bourg a par la suite été appelé castrum novum puis Châteauneuf au 12e siècle, la désignation ayant évolué pour désigner l’enceinte puis le bourg laïc situé au nord, entre le castrum et la Loire.

Les bâtiments médiévaux étudiés correspondent d’une part à l’enceinte, dont le tracé et l’organisation ont pu être précisés, et d’autre part aux bâtiments ecclésiastiques et laïcs formant l’agglomération, datés essentiellement des 12e-14e siècles. Leur analyse a permis d’identifier des formes et de définir des types et des programmes architecturaux, correspondant par exemples à des maisons canoniales, des résidences pures ou des maisons polyvalentes, associant une fonction commerciale et une fonction résidentielle. Leur étude a également fourni les informations nécessaires pour compléter le système d’information géographique créé par le Laboratoire pour la ville de Tours (ToToPI : Topographie de Tours Pré-Industriel). Les bâtiments médiévaux ont ainsi pu être associés à une datation, une localisation et une fonction, les trois critères indispensables à la compréhension spatiale et temporelle des phénomènes. Ainsi, des analyses spatiales ont été réalisées pour comprendre les transformations du tissu urbain et identifier les dynamiques propres à la formation de cette agglomération au Moyen Âge.

La mise en place du réseau viaire semble avoir été réalisée en grande partie au 10e siècle voire avant, tandis que l’organisation parcellaire a été progressivement densifiée, depuis des parcelles étendues au 12e siècle, comportant des bâtiments en cœur d’îlot, à des parcelles construites en front de rue au 13e siècle. Les maisons étudiées, réalisées en pierre et correspondant à des constructions privilégiées, ne constituent qu’une partie des édifices médiévaux, des constructions en bois pouvant être supposées dans certaines zones ou en front de rue, comme annexes.

L’étude de ces constructions, notamment les maisons-tours construites par les bourgeois au 12e siècle, permet d’analyser l’affirmation d’une identité urbaine forte de Châteauneuf au Moyen Âge.