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Projet 2018-2022

Stratégie et perspectives scientifiques du contrat

Depuis 2004, l’UMR CITERES poursuit l’objectif de contribuer aux connaissances relatives aux dimensions spatiales et territoriales des sociétés. Au regard du panorama français et étranger des structures de recherche travaillant sur le même objet, l’UMR se distingue par la multiplicité des entrées et le croisement des champs thématiques à partir desquels elle appréhende les relations des sociétés à leur espace, selon une large gamme d’échelles spatiales et temporelles. En effet, le bilan met en évidence le renforcement des capacités de l’UMR à mobiliser autour d’un même objet, que constituent les dynamiques spatiales et territoriales des sociétés, de nombreuses disciplines : anthropologie, archéologie, aménagement et urbanisme, écologie, géographie, histoire, sciences politiques, sociologie, etc. À ce titre, elle représente aujourd’hui un lieu de débat pluridisciplinaire et de ressources partagées, pour les recherches en sciences humaines et sociales, mais aussi pour les travaux sur la question environnementale à l’interface entre les sciences humaines et sociales et les sciences de la nature.

Le bilan de l’unité et l’évaluation que nous avons réalisée en interne témoignent à nouveau des nombreux atouts de l’UMR CITERES ainsi que de son évolution du point de vue des activités de recherche et de valorisation. Les quatre équipes constitutives jouent un rôle essentiel autant dans leurs dynamiques internes que dans les actions collectives transversales. Elles forment aujourd’hui une organisation performante de mise en œuvre de projets de recherche nationaux et internationaux, de structuration du champ local de la recherche en sciences humaines et sociales et de visibilité du pôle de recherche sur la thématique « Ville et territoire », impulsé par l’Université de Tours. En termes de pratiques de recherche, l’organisation en quatre équipes mise en place en 2008 est à l’origine d’une large pluridisciplinarité au service d’un programme scientifique qui a gagné en cohérence et a permis la multiplication des activités transversales. Ce bilan a aussi mis en évidence plusieurs enjeux qui ont constitué autant de pistes de réflexion pour concevoir le projet 2018-2022.

Un projet co-construit

La construction du projet a été engagée quasiment dès l’autoévaluation, face aux tutelles (Université et CNRS), à l’initiative de l’UMR CITERES, le 28 mai 2015. Les différentes équipes ont commencé à travailler sur le projet en même temps que leur bilan, au sein de réunions régulières de leurs bureaux, composés des animateurs d’axes. Ensuite, lorsque la future directrice de l’UMR a été élue en septembre 2015, de même que les responsables des équipes pour le prochain contrat, le travail sur le projet s’est intensifié, à travers des rencontres régulières, mais aussi par une large circulation des textes pour leur élaboration collective. Enfin, des assemblées générales des équipes ont été organisées pour les phases de validation. Le directeur et la future directrice de l’UMR ont suivi l’essentiel de ces étapes et ont participé aux assemblées générales décisives des équipes. Cette phase d’analyse et de réflexion a permis de mettre en débat l’organisation et la structure de l’UMR, en repartant de l’identification des axes de recherche sur lesquels les membres du laboratoire souhaitent s’investir dans les prochaines années. Le choix a été fait de conserver une organisation en quatre équipes. Toutes les équipes ont repensé leur organisation interne et ont profondément refondu leur projet scientifique pour l’adapter aux évolutions des réflexions et mieux mettre en valeur leurs atouts et leurs spécificités. La stratégie d’élaboration du projet a consisté généralement à tirer les enseignements du bilan, à repérer les nouvelles thématiques et à renforcer les dynamiques de recherche existantes et porteuses, en accord avec les programmes de recherche (projets européens, ANR, APR) qui se poursuivent et avec les prospectives nationales et internationales. Cette étape de construction du projet des équipes et de l’UMR et les débats qu’elle a suscité ont constitué un moment essentiel dans la vie collective de l’UMR, grâce auquel les équipes ont fait évoluer leurs thématiques et de nouveaux collègues se sont engagés dans l’animation scientifique, pour ne citer que ces deux aspects.

Enjeux en lien avec le bilan

Depuis douze ans, les équipes, les chercheurs, encouragés par les directions successives, ont construit des transversalités, des réseaux, des coopérations et des ressources collectives, à l’origine aujourd’hui d’une forme de cohérence de l’UMR qui représente ainsi un ensemble de ressources partagées participant au sentiment d’appartenance. Les quatre équipes jouent un rôle fondamental dans cette dynamique et apportent une contribution particulière, chacune selon ses spécificités. La diversité des thématiques et la pluridisciplinarité qui caractérisent l’UMR sont un acquis à renforcer, tout en poursuivant la construction d’une communauté d’appartenance et de ses champs structurants. Le défi est également de tenir ensemble la pluridisciplinarité et la reconnaissance des différentes disciplines. Ce qui suppose aussi de maintenir l’objectif de maîtriser la croissance du laboratoire en lien avec ses thématiques et, surtout, d’encourager et de préparer des candidatures au CNRS.

Parmi les forces et les opportunités de l’UMR, il y a en premier lieu ses domaines de recherche qui la placent dans une position avantageuse au sein des grands défis sociétaux, identifiés aux niveaux national, européen et mondial et inscrits dans les priorités fixées par les prospectives de recherches (H2020, INSHS, INEE, ANR). Les nouveaux enjeux sociétaux dans lesquels l’UMR est engagée et entend davantage s’impliquer concernent la question de la cohésion territoriale, la justice spatiale et les solidarités ; celle des changements environnementaux et, enfin, celle des enjeux géopolitiques du Monde arabe et de ses sociétés. Il faut souligner en deuxième lieu le dynamisme des chercheurs en matière de politique contractuelle et l’intensification des publications, avec comme corollaire un véritable rayonnement international de l’UMR. A ce propos, la politique d’aide de l’UMR aux traductions pour publier dans des supports internationaux a porté ses fruits. L’UMR constitue en troisième lieu un véritable espace de structuration des débats pluridisciplinaires, à travers les opportunités offertes par les actions de recherche transversales et collectives. Par ailleurs, les compétences au sein de l’UMR ont mis en évidence les capacités des chercheurs à initier des recherches ouvertes aux collaborations avec des partenaires non académiques. L’ensemble de ces dynamiques a été encouragé par une gouvernance apaisée, fondée sur la concertation et la fluidité des échanges qu’il s’agit de renforcer.

Les faiblesses et incertitudes sont identifiées d’abord du côté de la tension sur le personnel de gestion dans un contexte de contraintes budgétaires pour l’obtention de postes pérennes et pour le remplacement des départs à la retraite ou des mutations. C’est là un véritable facteur de fragilisation du dispositif qui affaiblit considérablement l’accompagnement indispensable de la recherche et peut créer un climat de démobilisation du personnel et par conséquent des chercheurs. Par ailleurs, nous nous interrogeons nécessairement sur les effets du processus laborieux de mise en place de la COMUE et le contexte complexe que cela préfigure sur les dynamiques de l’UMR. D’autre part, les dynamiques d’insertion de l’UMR dans des réseaux nationaux et internationaux peuvent faire apparaître des hiatus avec la politique de site. Plus généralement, les réductions budgétaires fragilisent le dispositif car elles ont un impact sur les financements des thèses et la diminution des candidats face à la réduction des postes, et elles induisent aussi une inflexion dans l’accès aux programmes européens et ANR.

Soulignée dans le précédent contrat, la stabilisation institutionnelle du périmètre de l’UMR et de sa taille reste une condition nécessaire pour poursuivre l’objectif de faire vivre à Tours un laboratoire reconnu nationalement et internationalement sur l’analyse des dimensions spatiales et territoriales des sociétés. La stabilité du périmètre du laboratoire et de l’organisation en équipes permettra de consolider les dynamiques en cours et de concentrer les efforts sur le positionnement scientifique et le rayonnement du laboratoire. De nombreux programmes financés sont en cours, d’autres sont en projet. Après une phase de forte mobilisation sur des réponses à des appels d’offres et d’intense réalisation de recherches collectives, la période 2018-2022 devra non seulement poursuivre cette activité, mais aussi être un moment important de valorisation de ces opérations, de diffusion et de rayonnement du laboratoire, comme le montre le grand nombre de colloques présents dans les projets des équipes. Le prochain contrat devra être aussi l’occasion d’une forte mobilisation du laboratoire pour des activités internationales et d’attention renouvelée aux modalités d’intégration de l’ensemble des membres de l’UMR et aux conditions de fonctionnement d’une organisation vigilante aux impacts de ses actions.

Nous avons choisi, en somme, d’accompagner la consolidation de l’organisation en quatre équipes autour du renouvellement de leurs programmes respectifs et des projets d’activités transversales à l’UMR. L’objectif est d’impulser une réflexion sur le positionnement scientifique du laboratoire et sur les pratiques de pluridisciplinarité qui le caractérisent, d’une part, et de permettre l’émergence de thématiques transversales favorisant la constitution de nouveaux collectifs de recherche, d’autre part.

Le contenu du projet

Fort des enseignements issus du bilan et dans un souci de synergie avec les enjeux sociétaux actuels de la recherche sur les dimensions spatiales et territoriales des sociétés, le projet propose de consolider les acquis et de renforcer les dynamiques de recherche de l’UMR, notamment celles qui fédèrent plusieurs membres du laboratoire et mobilisent plusieurs équipes. Le projet vise alors la mise en synergie des chercheurs et des recherches, le renforcement des transversalités et le décloisonnement des démarches individuelles au bénéfice des dynamiques collectives. L’enjeu est d’améliorer la visibilité externe de l’UMR CITERES et de renforcer son positionnement dans le paysage des laboratoires en France et son rayonnement international. Par conséquent, la forte mobilisation sur des contrats de recherche requiert de mieux organiser les retombées sur les dynamiques internes du laboratoire. L’ancrage local et régional de l’UMR doit être pérennisé et développé tout autant que son rayonnement national et international. Les efforts de valorisation des travaux se sont certes considérablement renforcés, mais des marges de progression existent au niveau international. D’autre part, afin de consolider et de soutenir l’intégration des doctorants à l’ensemble de ces dynamiques, l’UMR se propose de redynamiser et de développer leur formation doctorale interne et leur accompagnement.

Les objectifs généraux du projet

La stratégie qui a été choisie pour le prochain contrat quadriennal repose donc sur sept grands objectifs. Ainsi, le projet 2018-2022 prend corps à travers les nombreuses interactions entre ces différents objectifs. La démarche réflexive collective est nécessairement fondée sur les domaines de recherche privilégiés du laboratoire (cf. ci-dessous) et leurs thématiques phares transversales au sein de l’UMR. Ces dernières sont issues des recherches menées, de leur valorisation et de leur insertion dans les débats scientifiques internationaux. Les doctorants constituent un maillon actif sur des thématiques et des questionnements nouveaux qui participent pleinement à ces débats. Le personnel d’accompagnement et de soutien des dynamiques de l’UMR constitue, à proprement parler, « l’huile » indispensable à « l’engrenage », de plus sa présence dans le laboratoire contribue à créer du lien entre ses membres. La communication et la valorisation confortent la visibilité de l’UMR, en suscitant les interactions avec d’autres laboratoires et réseaux nationaux et internationaux. Tout cela ne saurait fonctionner sans renforcer une gouvernance associant les différentes équipes et favorisant la concertation à tous les niveaux.

1) Susciter une démarche réflexive collective

2) Consolider la cohérence à l’échelle de l’UMR autour de ses thématiques phares

3) Renforcer l’internationalisation des recherches et des publications, tout en confortant l’insertion nationale et locale

4) Conforter l’intégration des doctorants

5) Veiller aux conditions de travail du personnel d’accompagnement

6) Développer la communication externe et la valorisation

7) Consolider le fonctionnement de l’UMR en quatre équipes.

1. Susciter une démarche réflexive collective sur les travaux menés au sein de l’UMR, avec l’objectif de se positionner dans les débats scientifiques nationaux et internationaux. Cette réflexivité permet également de comprendre comment les groupes de chercheurs amènent leur « brique » au dispositif scientifique général et quelle est leur contribution à la production des connaissances. Bien que l’activité contractuelle s’intensifie et requière un investissement important, il s’agit de donner le temps à cette réflexivité collective qui doit permettre aussi de mettre en commun et de capitaliser les travaux au sein de l’UMR. L’organisation d’une manifestation scientifique récurrente, structurante et « phare », du type « journées scientifiques de CITERES » se révèle le dispositif le plus approprié pour mener ces débats. Soulignons que cette initiative s’appuiera sur l’expérience du séminaire méthodologique actuel de l’UMR. Cette démarche peut déboucher sur des formes de valorisation collectives à l’échelle de l’UMR, notamment des publications dans des supports internationaux. Cette volonté de réflexivité au sein de l’UMR appuiera et renforcera celle engagée au sein des équipes autour des apports de chaque opération de recherche à ses propres thématiques.

2. Consolider la cohérence à l’échelle de l’UMR autour de ses thématiques phares. Il s’agit de promouvoir les dynamiques collectives dans le laboratoire, autour d’actions transversales prioritaires inscrites dans les cinq domaines de recherche principaux qui se sont affirmés dans le bilan (cf. ci-dessous), en s’appuyant sur les activités initiées par les équipes. Le but ici est de renforcer le travail collectif sur les objets scientifiques communs et sur les apports spécifiques d’un dispositif de recherche pluridisciplinaire. Plus particulièrement, il est question d’encourager de façon conséquente les actions transversales s’inscrivant dans ces domaines de recherche, par exemple en octroyant des moyens, notamment financiers. La priorité donnée aux domaines de recherche principaux de l’UMR, n’exclut pas, loin s’en faut, le soutien des actions collectives autour de thématiques émergentes et/ou innovantes.

L’UMR entend ici soutenir des actions qui portent sur une réflexion pluridisciplinaire sur les méthodes de recherche ou sur la place de concepts, notions, thématiques sous la forme de sessions de séminaires ou de journées d’études. Toutes les recherches mises en œuvre au sein de l’UMR comportent un volet de production de données et de travail de terrain qui donne matière à développer une réflexion sur l’utilisation d’outils de recherche empirique qualitatifs et quantitatifs. Cette réflexion sur les méthodes de la recherche devra dépasser les échanges liés à la mise en place d’outils particuliers, toujours nécessaires, pour inclure des réflexions épistémologiques sur la place du terrain dans les recherches, pour inclure aussi la responsabilité des chercheurs vis-à-vis des personnes enquêtées et introduire au sein du laboratoire une réflexion sur l’éthique des pratiques de recherche en sciences sociales.

3. Renforcer l’internationalisation des recherches et des publications, tout en confortant la place de l’UMR aux échelles nationale et locale. L’UMR entend poursuivre la politique d’aide aux traductions et éventuellement à la mobilité internationale des chercheurs. Dans tous les cas, l’idée est de veiller à garder un bon ratio de publication par chercheur, notamment par une sensibilisation au sein des équipes et une attention aux collègues surchargés. Il est question aussi de développer et soutenir d’autres formes de valorisation qui permettent de toucher des publics plus larges que celui de la recherche, comme les films, les expositions de photos et les sites Internet. Enfin la visibilité internationale du laboratoire passe par une implication plus importante encore dans des projets européens. L’UMR, avec l’aide de l’université, devrait pouvoir développer dans le cadre du prochain contrat des projets collaboratifs et autres à cette échelle. De même, l’institutionnalisation des partenariats et réseaux internationaux développés devrait se poursuivre pour permettre d’accroître cette visibilité. Plus concrètement, il s’agit d’encourager la poursuite de la structuration de réseaux de recherche à l’échelle du monde Arabe et méditerranéen ; l’insertion dans des réseaux européens sur les thématiques des politiques publiques de gestion de l’eau et des risques, des politiques d’aménagement des villes petites et moyennes, mais aussi de participation, de conflits et de citoyenneté dans les villes contemporaines ; la consolidation de recherches comparatives internationales sur la thématique : déchets, sociétés et action publique ; la construction de programmes internationaux dans le domaine de l’environnement, de la gestion des milieux naturels, de la biodiversité et de l’ingénierie environnementale.

Enfin les nombreuses activités des enseignants-chercheurs, tant au sein de l’université que dans les structures d’accompagnement scientifique d’organismes régionaux et nationaux, montrent à l’évidence la bonne insertion de l’UMR dans le tissu socio-économique environnant. Cette dynamique met en évidence les compétences et l’expertise acquises par les chercheurs et qui continueront à être mises au service de ce tissu. Ainsi, les recherches fondamentales de l’UMR sont parallèles à des travaux conduits avec des partenariats non académiques qui permettent de renforcer les articulations avec les besoins du monde socio-économique et culturel, notamment en matière de d’analyse urbaine et de gestion environnementale, y compris sur le temps long, mais aussi de politiques d’habitat et de mobilités. Les travaux sur les temporalités et dynamiques territoriales devraient conduire à mutualiser les compétences en matière de modélisation et d’outils de constitution et de traitements de masse de données.

4. Conforter davantage l’intégration des doctorants aux dynamiques collectives de l’UMR, en relançant la formation et les rencontres doctorales internes, ainsi qu’en initiant un accompagnement pendant et après la thèse, dans les stratégies en matière de parcours et d’emploi. Une personne référente (en l’occurrence Anna Madoeuf, directrice adjointe de CITERES) est chargée de jouer le rôle d’interface entre les doctorants et le bureau de l’UMR. Ces efforts en direction des doctorants s’appuieront sur des relations régulières avec la nouvelle École doctorale, à travers notre représentant Denis Martouzet. Dans tous les cas, l’UMR compte poursuivre l’amélioration et la généralisation de la mise à disposition de locaux et postes de travail pour les doctorants. Au-delà de l’intégration aux activités d’une équipe qui reste le principal moyen de formation des doctorants, l’initiative réussie de mise en place d’un séminaire de doctorants à l’échelle de l’UMR sera poursuivie ainsi que l’appui aux projets de leur association (ADSHS Association des doctorants en sciences de l’homme et de la société). Le choix de mettre en place des séminaires dressant des états de la question des champs scientifiques auxquels participe le laboratoire et une réflexion sur des notions et des méthodes trouve aussi sa justification dans l’ouverture d’espaces de rencontre entre les chercheurs, enseignants-chercheurs et les doctorants du laboratoire. Un conseil des doctorants (regroupant deux doctorants de chaque équipe) sera mis en place dans l’objectif d’instaurer une discussion entre le bureau de l’UMR et les doctorants du laboratoire. Un des objectifs principaux de ce conseil sera de poursuivre la réflexion sur l’homogénéisation des conditions faites aux doctorants dans chacune des équipes et sur les possibilités d’amélioration de l’intégration des doctorants au sein des activités du laboratoire.

5. Veiller aux conditions de travail du personnel d’accompagnement en mettant en place des formes suivies de concertation, notamment à travers des réunions régulières. Au-delà de la gestion financière des programmes de recherche, les liens du personnel avec les chercheurs doivent être développés, notamment à travers leur association aux activités des équipes. Sur cette question, un directeur (directrice) adjoint (e) secondera la DU, notamment pour le suivi des carrières. Les chercheurs contractuels feront l’objet d’une attention particulière, notamment du point de vue des conditions de travail. Il s’agit également de sensibiliser les tutelles sur la nécessité de maintenir, voire de renforcer, les effectifs, en veillant à leur évolution de carrière. Cette vigilance concernant le personnel contractuel se justifie par l’essor des financements sur contrat, en particulier ANR et programmes européens. Il est important que ce qui constitue une opportunité d’expérience professionnelle postdoctorale ne conduise pas à installer des membres du laboratoire dans des situations précaires, mais soit en revanche une possibilité d’envisager des perspectives viables.

6. Développer la communication externe et la valorisation en envisageant des formes nouvelles à définir avec les collègues qui prendraient en charge cette question : cahiers « hypothèse », forums internes et externes, expositions, films, lettre mensuelle etc. Il s’agit également de faire évoluer le site de CITERES, en y plaçant d’autres supports (films, vidéos, expositions) et en envoyant éventuellement des messages d’alerte sur l’actualité de l’UMR aux autres laboratoires et réseaux. La version en anglais est prête à être mise en ligne. Le but recherché est à la fois de renforcer la visibilité de l’UMR auprès des autres laboratoires nationaux et internationaux, de faire connaître nos travaux afin qu’ils soient utilisés et de susciter des désirs d’interactions entre les chercheurs et les réseaux.

7. Consolider le fonctionnement de l’UMR en quatre équipes (CoST, DATE, EMAM, LAT). Les dynamiques des équipes sont particulièrement fécondes, tant en leur sein qu’au niveau de l’UMR. Elles permettent la reconnaissance et la préservation de la diversité et de la richesse des approches et des recherches. Elles répondent également aux besoins de proximité et d’interconnaissance nécessaires aux chercheurs, en particulier les plus jeunes au moment de l’insertion, face à la grande communauté que nous formons.

Les dynamiques d’évolution de l’UMR pour le prochain contrat se traduisent essentiellement par des changements au sein du contenu scientifique des axes thématiques des différentes équipes. L’UMR entend par ailleurs développer davantage la fluidité de la coordination au niveau de ses instances (bureau, conseil d’unité et AG) et de celles des équipes (bureau et AG). Nous souhaitons conforter le rôle du budget commun de l’UMR dans l’accompagnement des initiatives, dans l’appui aux actions internationales, dans l’aide à la publication, dans l’organisation de colloques et d’activités collectives. Les financements gérés en commun par l’UMR permettront aussi de répondre aux demandes spécifiques, en particulier liées à un grand nombre de doctorants ou à des demandes de missions internationales, et pourront ainsi compléter le budget des équipes ayant le plus grand nombre de membres. Par ailleurs, l’UMR poursuivra à l’échelle du laboratoire et des équipes une réflexion sur la mutualisation des moyens provenant des projets et actions de recherche collective. Cet objectif passe aussi par un élargissement des responsabilités au sein du bureau, avec un (e) référent (e) auprès des doctorants ; un (e) représentant (e) au sein de la MSH Val de Loire ; un (e) chargé (e) de la communication et enfin une personne qui secondera la DU pour le suivi du personnel.

Cinq domaines de recherche structureront les actions scientifiques transversales prioritaires de l’UMR CITERES

C’est principalement la pluridisciplinarité des recherches menées qui caractérise l’UMR CITERES et qui permet à ses membres de s’inscrire dans cinq domaines de recherche principaux : la recherche urbaine, la recherche environnementale, la recherche sur le patrimoine, la recherche sur les rapports au(x) territoire(s) et celles sur les effets des recompositions sociales contemporaines. Une telle configuration permet de présenter une base de recherche adaptée aux différents appels d’offres proposés par les instances de recherche dans ces domaines. C’est pourquoi l’inscription de l’UMR dans la recherche contractualisée est importante. Il est souhaitable et souhaité qu’un tel dynamisme perdure.

Au cours de ces deux derniers contrats, grâce à de nombreux programmes de recherche pluridisciplinaires et interdisciplinaires d’envergure nationale, européenne et internationale et grâce à une expertise de terrain acquise de longue date dans différents milieux, des résultats scientifiques ont été acquis sur diverses problématiques entrant dans ce vaste champ des approches spatio-temporelles. Ainsi, cette dynamique au sein de l’UMR CITERES a fait émerger cinq principaux domaines de recherche dont les items constituent les apports spécifiques de l’UMR. Ces recherches concernent des terrains français, dans l’ensemble de l’Europe et dans le monde (Monde arabe, Afrique, Asie, Amériques) et privilégient des regards croisés et des approches comparatives. Ces cinq domaines de recherche constitueront les pivots du programme transversal de l’UMR dont les actions collectives seront particulièrement soutenues.

La réflexion développée dans le cadre du bilan sur les différents domaines de recherche de l’UMR CITERES nous a conduit à systématiser pour le prochain contrat l’organisation d’activités transversales permettant d’afficher et de renforcer les thématiques qui nous semblent être à la fois les plus spécifiques de l’UMR CITERES et les plus susceptibles d’être partagées par rapport aux projets scientifiques des équipes.

Dans le domaine de la recherche urbaine, nous souhaitons organiser des travaux sur les relations entre dynamiques urbaines et divisions sociales de la ville et en particulier sur les marges ou interstices urbains (mode d’occupation, représentations, prise en compte par l’action publique), notamment en lien avec la poursuite de l’axe « Ville et études urbaines » de la MSH Val de Loire. Deux autres thématiques se révèlent potentiellement transversales, d’abord les mutations que connaissent les modes d’habiter, notamment en matière de mobilités, ensuite les mobilisations urbaines et leurs significations en termes de conflits, de participation et d’engagement. Dans ce domaine de la recherche urbaine, le soutien aux actions transversales déjà actives sur les politiques européennes en direction des migrants Roms sera poursuivi.

Dans le domaine de la recherche environnementale, à travers des entrées diverses (paysages, biodiversité, risque, changement climatique, etc.), nous porterons une réflexion sur les politiques de l’environnement et les relations entre environnement et politiques (selon les multiples sens du mot, à savoir politique publique, action politique, politisation) et sur les différentes façons de conceptualiser cette relation. De plus, les travaux en cours et les réseaux actifs sur « Sociétés et déchets » seront encouragés.

Dans le domaine des travaux sur les rapports au(x) territoire(s), nous souhaitons renforcer les analyses des liens entre action et territorialisation en traitant à la fois de l’action individuelle, de l’action collective et de l’action publique, en lien avec les réflexions d’un des axes de recherche du Collège international des sciences du territoire (CIST). Les travaux engagés avec les juristes de l’Université de Tours sur les territoires du droit continueront à être soutenus. Dans le domaine du patrimoine, nous souhaitons structurer une série d’actions transversales sur la thématique de la patrimonialisation des espaces urbains et naturels que nous traiterons en particulier à partir de l’analyse de ses effets de valorisation/dévalorisation de sous-ensembles spatiaux, du rôle des instruments de gestion et du rôle des circulations et de la mondialisation. Il s’agit d’une thématique portée par CITERES dans le cadre de la dynamique inter-laboratoire « Intelligence des patrimoines » initiée à l’Université de Tours. Dans le domaine des effets des recompositions sociales, la thématique partagée au sein de CITERES est celle, en lien avec des actions transversales déjà développées, du vieillissement. Cette question est traitée dans la perspective d’identifier ses effets sur les modes d’habitat, les trajectoires, les mobilités et les relations à l’espace et au territoire.

Conçu comme un vecteur des dynamiques collectives au sein de l’UMR, le séminaire transversal de recherche et de méthodologie, mis en place en 2013, constitue une plate-forme d’échanges entre chercheurs et enseignants-chercheurs (jeunes chercheurs et chercheurs confirmés) des différentes équipes. Il se veut un lieu de discussion sur les interrogations méthodologiques des chercheurs et d’approfondissement de la connaissance mutuelle des outils mobilisés en matière d’analyse des phénomènes sociaux. Il participe ainsi à un processus de capitalisation des acquis de l’UMR sur ses thématiques majeures de recherche. Il permet également de connaître l’actualité de la recherche à partir de présentations d’ouvrages ou articles récents et d’échanger sur les questionnements liés à la rédaction des projets de recherche, articles ou chapitres d’ouvrage ou encore d’une HDR. Dans cette perspective et afin de répondre pleinement aux objectifs fixés, ce dispositif sera renforcé.

Toujours dans cette optique de transversalité au sein de l’UMR, il existe une volonté de développer une expérience de capitalisation des nombreux matériaux issus des enquêtes qualitatives et quantitatives et des travaux de terrain effectués par les chercheurs, afin d’envisager de nouveaux usages. Les modalités concrètes de cette capitalisation pourront être définies dans le cadre du séminaire méthodologique de l’UMR. Le méta-projet pilote mené par Laurent Cailly « Mutualisation et méta-analyse de corpus qualitatifs sur les mobilités quotidiennes dans les territoires dépendants de l’automobile » qui réinterroge les résultats de six programmes de recherche devrait permettre d’éclairer cette démarche nouvelle et innovante. D’autre part, les travaux méthodologiques, comme la constitution de bases de données, sur la modélisation spatiale, menés surtout par l’équipe LAT, auront vocation à être davantage partagés au sein de l’UMR.

Les actions transversales de l’UMR CITERES s’appuient nécessairement sur les fortes dynamiques internes des quatre équipes qui structurent le laboratoire. C’est au sein de ces dernières qu’est mené l’essentiel des activités de recherche de l’UMR et c’est aussi en leur sein que les changements des programmes scientifiques sont les plus significatifs. La période d’évaluation et de construction du projet de l’UMR a été très intense dans les équipes qui ont su mettre en place un débat scientifique collectif afin d’adapter et d’affiner leur programme en fonction de l’évolution des recherches et de l’insertion de l’ensemble des membres.

- Contrat quadriennal 2018-2022 (.pdf)
- Projet 2012-2017