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Colloque 2025 du GIS Démocratie et participation « À quoi tient la démocratie ? »

20-21 novembre 2025, MSH Paris Nord

Nos sociétés sont actuellement confrontées à la conjonction des crises environnementale, sociale, économique, (géo)politique. Les conséquences du changement climatique, de la chute de la biodiversité et plus généralement de l’attrition des ressources appellent une mobilisation sans précédent qui semble toujours repoussée. Le programme de démocratisation de l’ordre international est épuisé jusqu’à remettre en cause l’existence même des institutions portant le langage des droits à l’échelle mondiale.

Dans le même temps, les régimes, les institutions et les pratiques démocratiques traversent de fortes turbulences : la déconsolidation est à l’œuvre, sous des formes et à des échelles multiples. Certains pays, naguère en transition démocratique, sont pris dans des dérives autoritaires et s’emploient à thématiser l’illibéralisme comme forme démocratique légitime. D’autres, naguère considérés comme des « démocraties consolidées » voient leurs contrepouvoirs s’éroder. Des partis d’extrême droite, impuissants à appréhender la pluralité d’une communauté politique dans un nous, alimentent leur progression en se réappropriant la démocratie et ses codes, mais la dépeuplent radicalement d’une partie de ses citoyens. Le rapport ordinaire au politique et plus généralement la confiance dans la politique, ses institutions, mais aussi ses modes d’engagement, sont minés par un sentiment d’insatisfaction et de désaffection. Des attentes fortes envers la démocratie nourrissent paradoxalement une forme subtile de déconsolidation démocratique, faisant opter certains pour des institutions, des normes et des modalités d’exercice du pouvoir jugées plus efficaces.

Dans le domaine environnemental, la mise en œuvre de politiques destinées à changer nos modes de vie, sans toujours en anticiper les conséquences sur les groupes sociaux, ni leurs effets structurels, suscite de fortes tensions sociales, avivées par un accroissement des inégalités socio-économiques et territoriales. Non seulement le négationnisme menace toujours les objectifs de transition écologique et énergétique, mais une part croissante d’acteurs politiques semble attendre de la déconstruction des politiques et institutions environnementales un bénéfice électoral.

Face à ces menaces, les promesses de la révolution numérique apparaissent moins comme une source de solutions à la superposition des crises que comme une partie du problème. Les sciences sociales ont largement documenté l’invisibilisation du travail digital, l’escamotage de l’extraction, notamment dans les pays du Sud, des ressources matérielles et énergétiques, mais aussi des données extraites des pratiques de ses usagers. Les effets controversés de la numérisation sur la conversation publique, fut-elle accélérée et augmentée par l’IA, conjuguées à la formation de chambres d’échos, favorisées par une partie de l’offre médiatique délaissant les logiques informationnelles pour un agenda d’extrême droite, ne font qu’ajouter l’embarras du dérèglement de l’espace public au dérèglement climatique, contrariant la recherche de diagnostics partagés et de voies de solutions.

Autre paradoxe : les outils forgés pour approfondir la démocratie, la participation et la délibération, dont on pouvait espérer, à travers de multiples expérimentations, qu’ils nous permettraient de surmonter la superposition paroxystique de ces crises, et notamment d’imaginer des chemins de transition justes, semblent parfois tourner à vide. Le colloque du Gis Démocratie et Participation de 2025 veut s’interroger sur ce qui fait et défait la démocratie. Après avoir appelé à multiplier et à penser les expérimentations démocratiques (2017), puis dressé le tableau d’une démocratie par temps sombre (2022), il invite à documenter les processus de déconsolidation de la démocratie, mais aussi à identifier et comprendre les fils multiples et parfois ténus par quoi celle-ci tient, ou pourrait tenir. En effet, si les dynamiques de déconsolidation démocratique ont fait l’objet de plusieurs travaux, en France et ailleurs, on n’a pas assez analysé le trouble dans le langage et les usages de « la démocratie » qui accompagnent et facilitent ces dynamiques. Les mots de la démocratie sont aujourd’hui appropriés à front renversé : tout le monde prétend agir au nom de la démocratie, et ce qui paraît défaire la démocratie se fait au nom même de la démocratie. L’un des objectifs du colloque est de décrypter ces éléments constitutifs du fait démocratique désormais objets de controverses (participation, représentation, pluralisme, droit, science et rationalité…), et d’analyser les tensions suscitées par ces réappropriations, reformulations et disputes.

Penser ensemble les dynamiques de déconsolidation et de reconsolidation impose de réfléchir aux formes du droit, de la participation, des mobilisations sociales et environnementales, mais aussi du travail, qui contribuent à la maintenance de la démocratie et à ses capacités concrètes de résistance. Il s’agit en effet de ne pas sous-estimer les modalités de résistance internes à la société en s’intéressant plus classiquement aux évolutions des corps intermédiaires, à une démocratie sociale animée par les syndicats, des collectifs ou aux expérimentations qui marquent de nombreux contextes locaux.

Il faut également prendre en compte les fils démocratiques tenus par les citoyens comme travailleurs, les salariés dans les institutions ou les entreprises freinant la mise en œuvre d’injonctions parfois perçues comme des menaces pour les formes vécues et ordinaires de la démocratie, ou attachés à rendre tangibles dans les territoires des politiques de participation ou de responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui peuvent avoir dans certains cas des effets démocratiques.

Les panels et tables rondes du colloque organisent une discussion structurée par des questionnements qui appellent d’une part à prendre la mesure de la déstabilisation des catégories de l’analyse politique, en France et dans le monde, et d’autre part à penser ensemble ce qui défait et ce qui refait la démocratie :

– Comment et en quoi les transformations contemporaines du capitalisme influencent-elles les institutions de la démocratie ?

– Quels concepts et constats structurent les débats sur les processus de déconsolidation et de reconsolidation démocratiques ?

– Quels sont les effets des évolutions des technologies numériques dans ses processus ?

– Comment saisir les relations entre renforcement des partis et des gouvernements d’extrême droite et déconsolidation démocratique ?

– Comment des agents, activistes ou citoyens tentent de résister avec ou sans les institutions ?

– Quelle place pour les mouvements sociaux et les initiatives citoyennes ?

– Quelle est la portée des innovations démocratiques et de leurs traitements médiatique et politique ?

– Comment repenser les liens entre savoirs et démocratie, et qu’attendre notamment de la recherche en sciences sociales pour consolider la démocratie ?

Programme sur le site du colloque.

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