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Jakubowski Arianna

a.jakub6@gmail.com

Directeur(s) de thèse: Carabelli Romeo

L’école de Casablanca et Toni Maraini : entre utopie de coprésence et « désordre géographique »"

Doctorante

En co-direction avec Simona Munari, université de Rome

Résumé du projet de thèse :

Comment l’analyse de la production critique et littéraire de Toni Maraini — conçue comme un témoignage historique et narratif « hyper-spatial » — permet-elle de reconstituer une cartographie inédite et systématique des géographies sémantiques et culturelles traversées par le groupe de l’École de Casablanca, en mettant particulièrement l’accent sur les relations, encore peu étudiées, entre ce mouvement et le monde? Cette recherche vise à tracer, à travers l’étude de l’œuvre et des archives de Maraini, une cartographie sémantique des réseaux intellectuels, artistiques et politiques du développement historique du Groupe de Casablanca, ainsi que de leurs liens avec l’Italie, encore peu explorés à ce jour. Elle interroge également la portée épistémologique des concepts originaux de « désordre géographique » et de «mémoire future », outils permettant de déconstruire les récits linéaires et nationalistes de l’histoire culturelle méditerranéenne. Enfin, elle évalue l’actualité de ces catégories pour comprendre les relations artistiques et culturelles contemporaines entre les deux territoires étudiés.

La production littéraire d’Antonella « Toni » Maraini (née à Tokyo en 1941) — essais critiques, articles, poèmes, prose — retrace les itinéraires géographiques, historiques et sémantiques des
membres du mouvement artistique et littéraire marocain appelé Groupe de Casablanca (1960-1980). Ses recherches se concentrent notamment sur les villes de Casablanca, Marrakech, Rabat, Tanger et Assilah, tout en s’étendant au-delà des frontières nationales (France, Italie, Algérie, Pologne, Irak). En tant qu’anthropologue, critique, curatrice et traductrice, Maraini se distingue comme la seule chroniqueuse du groupe. Ses recherches et ses archives offrent aujourd’hui le panorama le plus complet et détaillé de leur riche production. Les œuvres artistiques et littéraires du  mouvement ont défié les divisions traditionnelles en encourageant la collaboration, la recherche, la traduction et les travaux multimédias. Entre les années 1960 et 1990, elles ont rassemblé les voix critiques de la « Militance passionnée » artistique, littéraire et philosophique marocaine (Maraini, 2010). Les protagonistes de ce mouvement ont développé des contenus tout en repensant et en concevant de nouvelles formes de communication et d’exposition. Ce « bricolage » (Maraini, 2010), un assemblage non systématique de sources, d’œuvres, de voix et de médias divers, il ne se limite pas à son pouvoir de proposer des stratégies pour répondre à la répression exercée par le gouvernement marocain de l’époque (Fernández Parrilla, 2014 ; Maraini, 2025), mais aussi à l’absence de structures de soutien dans la scène culturelle et artistique du pays. Il représente également une forme de production créative libérée de nombreuses contraintes académiques, intellectuelles et capitalistes (Lakrissa, 2024). L’écriture et le parcours de vie de Maraini offrent une occasion unique d’approfondir la compréhension de cette période complexe et dense de l’histoire de l’art contemporain. Au-delà de ses objectifs archivistiques et de diffusion, la valeur de sa production réside dans ses expériences personnelles et l’intimité de son regard littéraire. Les trajectoires d’une étrangère au passé multiculturel et ses relations personnelles ouvrent une porte sur un mouvement historique crucial, encore en attente d’une étude approfondie, malgré sa visibilité internationale actuelle.

Cette recherche vise également à révéler les parcours migratoires, les échanges et les connexions existant entre les cultures, les territoires et les communautés artistiques analysées, tout en explorant la complexité et la discontinuité des discours construits autour des concepts d’identité, d’appartenance, de créativité et d’expression de soi. La recherche s’articule autour de trois axes principaux : le premier axe approfondit les itinéraires de la production de l’École de Casablanca à travers le témoignage direct de Toni Maraini et l’étude de ses archives. Cela permettra de tracer les cartographies sémantiques et artistiques de l’École, en croisant les approches contemporaines entre disciplines humanistes, études géographiques et pratiques artistiques. Le deuxième axe explore les relations entre les membres de l’École et la ville de Rome, relation initiée par Maraini elle-même. Cela offre un éclairage nédit sur les échanges entre les communautés artistiques des deux pays. Le troisième axe présente les concepts originaux de « désordre géographique » et de « mémoire future », développés dans les écrits de Maraini et sa collaboration artistique avec Mohammed Melehi. Une attention particulière est portée à la résonance contemporaine de ces concepts pour réfléchir aux relations artistiques, culturelles et géopolitiques actuelles entre les deux géographies méditerranéennes.

EMAM
Doctorant

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